Parfum de scandale autour du film de Bouchareb sur le massacre de Sétif

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Sélectionné à Cannes, le dernier long-métrage de Rachid Bouchareb (photo), "Hors-la-loi", déclenche la polémique. Avant même de l’avoir vu, un député UMP déclare que le film propose une vision falsifiée du massacre de Sétif, le 8 mai 1945.

AFP – Le film du franco-algérien Rachid Bouchareb, "Hors-la-loi", fait déjà des vagues avant sa présentation au festival de Cannes, le député UMP Lionnel Luca dénonçant avant même de l’avoir vu une "falsification" de l’histoire dans son évocation du massacre de Sétif.

"Bouchareb est un partisan (…) un irresponsable qui met le feu aux poudres de manière insupportable", a déclaré jeudi le député des Alpes-Maritimes à l’AFP. "Autant +Indigènes+ (le précédent film de M. Bouchareb, ndlr) était dans un esprit positif de réhabilitation, autant celui-ci est dans un esprit négatif et négationniste. Ca ne va pas se passer comme ça", a-t-il menacé.

"Hors-la-loi", une production algéro-franco-belge en sélection officielle à Cannes sous pavillon algérien, retrace le parcours de trois frères ayant survécu aux massacres de Sétif de mai 1945 et qui, arrivés en France, s’engagent pour l’indépendance de l’Algérie.

Plusieurs milliers d’Algériens ont été tués au cours de ces massacres, déclenchés en répression de manifestations pro-indépendantistes dans l’est algérien qui avaient dégénéré et fait plus de cent morts parmi les Européens.


Une des ambitions du film est de "faire la lumière sur ce pan de l’histoire commune aux deux pays" et de "rétablir une vérité historique confinée dans les coffres", a affirmé au journal algérien "El Watan" le réalisateur, qui n’a pu être joint jeudi par l’AFP.

Mais avant même la projection du film, Lionnel Luca conteste vigoureusement la vision proposée par M. Bouchareb.

Le député, alerté par des interviews du réalisateur, et craignant que le film ne soit sélectionné sous les couleurs françaises à Cannes, avait saisi courant 2009 le secrétariat d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants.

Ce dernier avait demandé au service historique du ministère de la Défense (SHD) un "avis historique" sur le projet de M. Bouchareb.

Le général de division Gilles Robert, chef du service historique de la Défense, a passé au crible le scénario de "Hors-la-loi" et rendu en septembre un rapport, consulté par l’AFP, qui relevait des "erreurs et anachronismes (…) si nombreux et si grossiers qu’ils peuvent être relevés par tout historien".

Concernant les événements de Sétif il notait: "le réalisateur veut faire croire au spectateur que le 8 mai 1945 à Sétif des musulmans ont été massacrés aveuglément par des Européens, or, ce jour-là, c’est le contraire qui s’est produit (…) cette version des faits est admise par tous les historiens (…) c’est en réaction au massacre d’Européens du 8, que les Européens ont agi contre des Musulmans".

Le député se fonde sur ce rapport pour dénoncer une "falsification" de l’histoire par M. Bouchareb. "Mon intention n’est pas de contester que les Français aient commis un acte condamnable. Mais la veille, ils avaient été tirés comme des lapins!", a expliqué M. Luca.

Le député s’insurge aussi contre la manière dont Rachid Bouchareb ferait des "porteurs de valise" des "héros". Pour lui, ces sympathisants du FLN chargé du transport de fonds et de documents confidentiels à l’intérieur de la métropole sont des "traîtres".

M. Falco a demandé à voir le film, mais une projection prévue le 19 avril a été annulée par le producteur et le réalisateur, selon son entourage. Le ministère attend une autre date.

M. Bouchareb avait concouru à Cannes en 2006 avec "Indigènes", un film qui éclairait déjà un épisode de l’histoire douloureuse de la France et de ses colonies, et dont les acteurs avaient remporté un prix d’interprétation collectif.

Par Dépêche (texte)/

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Une réflexion sur “Parfum de scandale autour du film de Bouchareb sur le massacre de Sétif

  1. Ce film n’a qu’un seul but: montrer du doigt le colonialisme Français. Pourtant, et sans être ni du FN, ni raciste, ces acteurs, et ce réalisateur vivant en France depuis des années, relancent ce débat. Pourquoi faire un film, soit disant de fiction, et lancer un débat juste après. Etonnant dans un pays qui a lancé un autre débat: celui de l’identité nationale. Mais surtout, pourquoi pointer du doigt un pays (la France) qui a fait du mal en Algérie, et vivre quand même ici.

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