TÉMOIGNAGE/ Femme souriante, instruite (et voilée), je cherche un taff

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Ami de tous bords, de toutes rives, de tous horizons, si la cause humaniste t’est chère, alors ce texte est pour toi. Je te l’adresse afin que tu puisses te représenter, concrètement, la discrimination que dénoncent, plus que jamais, les musulmans de France à leur endroit.

Je suis Française, j’ai les yeux bleus, je suis instruite et souriante, je passe plutôt bien, seulement voilà : je porte le voile (un gentil voile tout léger, tout fleuri, qui ne cache en rien mon visage). Et je cherche un taff.

Voilà ce à quoi j’ai été confrontée.

1-Première expérience : « Il y a peu de chances que ça passe »

 

Je me suis rendue au Service d’accueil familial de Paris, m’entretenir avec la responsable, en vue d’obtenir un agrément d’assistante familiale, c’est-à-dire accueillir chez moi, à l’année et tous les jours, un enfant en difficulté.

Pour avoir plusieurs amies qui exercent ce métier, je peux vous dire que c’est loin d’être une sinécure, ces enfants étant quasi-systématiquement touchés par de graves troubles psychosomatiques, du genre retard de croissance, boulimie, incontinence, violence. Et vous êtes payée le smic.

C’est donc tout sauf une bonne planque, plutôt un dévouement. Bien.

Mon interlocutrice me reçoit, me considère et immédiatement me dit :

« Vous êtes trop couverte, ça ne va pas être possible. »

Apparemment le mot « couverte » est aux filles voilées ce que l’expression « personne de couleur » est aux Noirs : la jolie formule d’une belle hypocrisie.

Recaler des volontaires pour un tissu

Je suis au courant des lois anti-nounous, je m’y attends. Mais je tombe de haut quand, après lui avoir assuré que je suis prête à enlever ce bout de tissu apparemment si inconvenant, pour entrer dans les locaux (dans lesquels les assistantes familiales doivent se rendre une fois par mois pour faire le point sur l’état de l’enfant), elle me répond, presque gênée, que malgré cette bonne volonté, « ça ne passera pas. »

J’ai pourtant des arguments :

  • « J’habite le Ve, le quartier des meilleures écoles, n’allez vous pas considérer cette opportunité unique pour un enfant défavorisé ? »
  • « Si, à l’inverse, vous aviez un enfant musulman à placer dans une famille chrétienne, vous en empêcheriez-vous ? »
  • « Vous êtes en forte demande, beaucoup d’enfants attendent d’être placés par manque de disponibilité, et vous vous permettez le luxe de recaler des volontaires pour une histoire de tissu ? »

Dans ma déconfiture, cette dame avait au moins le mérite d’être encline à la discussion. Elle reconnut la pertinence de ces oppositions, et admit même que ce n’était pas « logique », mais que cela « venait d’en haut » c’est à dire « du département », c’est à dire de Paris…

« Envoyez votre dossier quand même »

Malgré tout très aimable, la responsable conclut :

« Envoyez votre dossier quand même, mais je préfère vous prévenir, il y a peu de chances que ça passe. »

Franchement je n’ai même pas essayé, sachant que, pour obtenir cet agrément, des assistantes sociales/psychologues viennent chez vous inspecter votre vie et vous faire passer des entretiens, certains à l’improviste, pendant six mois. Si c’est pour qu’on me le refuse de toutes les manières, ce n’est pas la peine de se causer, mutuellement, tant d’embarras.

Manifestement, la République gorge ses enfants d’une liberté bien conditionnée, et considère pour ses orphelins, qu’ils n’ont rien de mieux à téter que la sève de la laïcité !

2-Deuxième expérience : « Le problème, c’est vos convictions »

 

Quelques mois plus tard, il fait beau, je me balade à Paris, rue Mouffetard, et je vois chez un glacier italien super bon bio et beau dont je suis une habituée fidèle à ses cônes en forme de fleur, qu’il recherche des saisonniers. Je me dis que bon, j’ai besoin de sous, c’est juste pour l’été, c’est à cinq minutes de chez moi, et qui sait, je pourrai peut-être me faire payer des heures supp’ en cornets quatre parfums.

J’ai évidemment la conscience qu’il y a peu de chances pour que je puisse garder mon voile, mais la vendeuse porte une casquette avec son uniforme, et je me dis que ça peut le faire.

D’ailleurs elle est super sympa, on parle une bonne demi-heure, elle me décrit le patron comme un jeune « super cool », « super gentil » et comme à aucun moment elle objecte que je porte le foulard, je me dis que ça « smell good », soit en bon français : « Yes papa ! »

« Ça va pas être possible »

Je postule donc et reçois un rendez-vous par texto (vraiment très cool, le patron !) et j’y vais, confiante, légère, pimpante.

J’arrive dans la boutique, la serveuse est là, entourée de trois apprentis qui se forment à la boule en fleur (toute une technique !), et je suis bientôt rejointe par deux jeunes qui vont, eux, commencer leur initiation aujourd’hui. Ambiance très bon enfant, ça sent bon le printemps.

On attend quelque peu, la serveuse, décidément très sympa, appelle le boss sur son portable et le sermonne presque, tout en le tutoyant, de nous faire attendre. C’est vraiment la maison du bonheur !

Et le voilà qui vient ! Pétaradant sur son scooter, nous abordant d’une galéjade, serrant la main, tout sourire, aux deux futurs apprentis… Mais moi, il me toise, et me lance un très chaleureux :

« Oui ? .. » Ça doit être la politesse à l’Italienne, pas de superflu, venons-en direct aux faits ! Moi, genre ultra pro :

« Sophie Machin, nous avons rendez-vous. »

Et là, tout s’arrête, la mélodie du bonheur, le bruissement des fleurs, et sonne la traviata, et résonne le glas.

D’un doigt qu’il agite tout autour de sa tête, ostensiblement, il désigne mon faîte. Et fredonne cette sentence, au goût déjà si rance :

« Ah non, mais là, ça va pas être possible. »

Deuxième soufflet. Il fait soudain chaud chez le glacier.

« Pas l’image de la boutique »

Comme ça, sans discussion préalable ? Au milieu des cinq apprentis, de la serveuse, et d’un couple de clients, tous spectateurs impromptus, qui n’en perdent pas une miette ? Je ravale ma fierté, et tente de discuter :

« – Pourquoi ?

– Pas l’image de la boutique !

– Pourtant vous êtes dans une zone très touristique, cela pourrait être un plus pour votre image.

– En quoi ? [ton plus qu’incrédule]

– En affichant votre ouverture d’esprit, votre pluralisme. [Oui, je sais, ce n’est pas la fonction première d’un glacier, mais bon fallait bien que je trouve un truc...]

– Désolé, mais non ! »

Bon, là je rends les armes, ok je vais la mettre ta casquette, j’ai besoin de bosser, arrêtons de s’afficher :

« Très bien, je comprends, écoutez si vraiment c’est impossible, je suis prête à l’enlever, on peut s’arranger. »

J’aimerais juste qu’il daigne me recevoir dans son bureau au lieu d’exposer mon cas à toute la boutique !

« – Non, non, ça ne marchera pas, désolé !

– Mais je viens de vous dire que j’étais prête à l’enlever !

– C’est pas ça le problème, le problème c’est vos convictions. Donc laissez tomber. »

« J’ai l’habitude, quoiqu’il en soit »

Voilà. Le mot est lancé. La chose est dite. Texto, en moins d’une minute trente de conversation, cet homme jeune, dynamique et souriant me refoule, moi, et toutes celles qui me ressemblent. Il fait fi de ma personnalité, fi de nos aptitudes, fi de notre bonne volonté, un mur s’est opposé à toute collégialité.

J’ai de l’amour propre, et je ne vais pas crier. Autour tout le monde écoute, autour tout le monde se tait. Je vais juste t’afficher, sur ton mur de la honte. J’arbore mon plus grand sourire :

« Ah… Donc c’est vraiment de la pure discrimination ! »

Je n’ai jamais aussi bien articulé, je crois, de mot de toute ma vie. Et l’autre de s’empaffer, bien droit, sur sa connerie :

« – Pas du tout, mais si vous pouviez l’enlever, fallait pas venir avec, c’est tout !

– Figurez vous que je me suis dit, on ne sait jamais, je vais peut-être tomber sur quelqu’un de tolérant.. »

Il se la ramène moins, il a compris que j’introduisais un concept à risque, la discrimination étant censée être un délit, ses clients étant tout ouïe, on ne sait jamais qu’un dangereux activiste humaniste traînerait dans les parages..

Mais il persiste : « Désolé. »

Pas autant que moi, c’est sûr. J’espère qu’il n’en pleurera pas la nuit, au moins. Puisqu’il fallait bien que je parte la tête haute et que je me trouvais être la mire d’une poignée de sans-voix, je ne pouvais partir, sans au moins un éclat. Je lui assenais, tragique et solennelle (en en rajoutant des tonnes, bien évidemment) :

« J’ai l’habitude, quoiqu’il en soit. »

Si j’avais eu une cape, je l’aurais fait voler, pour bien signifier la majesté dans laquelle je me drapais. J’ai juste tourné mes talons plats, et je suis rentrée chez moi.

C’est le mur qui m’a heurtée

Je suis partie mi-rieuse, de cette petite scènette, mi-pleureuse, du fait que l’on me rejette.

Pourtant je m’en foutais de ce taff, je n’ai pas fait cinq années d’études acharnées qui ne me servent à rien, je n’ai pas d’huissiers qui tambourinent à ma porte, et je n’ai jamais eu comme vocation de servir des glaces !

C’est pas ça, c’est le mur. C’est le mur qui m’a heurtée.

C’est cette injustice sourde, et ce déni violent de ce que je suis, à l’aune d’un peu de coton, qui m’ont donné envie de pleurer.

Je me suis imaginée toutes celles qui ont dû vivre la même situation, mais qui, en plus, mettent leurs vies dans ces entretiens d’embauche. Je me suis imaginée ce qu’elles avaient pu ressentir, et comment elles doivent en être meurtries.

On nous assène que ce voile, c’est un carcan. Mais ce sont eux qui nous asservissent.

On nous oppose qu’un foulard, c’est une prison. Mais ce sont les autres, qui nous y enferment.

On nous affirme que ce signe ostentatoire, c’est du prosélytisme, mais ce sont nos détracteurs, qui nous imposent leurs vues.

Comment on vit dans une société qui vous crache au visage

Il y a quinze ans, mes copines Noires me racontaient déjà ce genre d’histoires.

Toutes ces Martine, Carine ou Véronique, aux prénoms bon teint, mais aux couleurs trop vives, à qui l’on a forcément déjà dit, quand la rencontre se fait, pour un boulot, ou un appart :

« Ah… Mais vous ne m’aviez pas dit que vous n’étiez pas Française… »

J’ai pensé fort à elles aussi, parce que dans la nécessité, il nous serait, à nous les voilées, toujours possible de l’enlever, ce bout de tissu si décrié. Mais quand on est rejeté pour sa couleur de peau, qu’est-ce qu’on fait ? A quoi est-ce qu’on pense ?

Comment on continue à vivre, serein et tranquille, dans une société qui vous crache au visage ? Sans garder ni haine, ni faire d’amalgame ?

A toutes celles qui dérouillent aujourd’hui, à tous ceux qui ont souffert hier, je vous tire mon chapeau bas, du plus haut de mon respect.

« Si les choses se passent mal, c’est que probablement ce n’est pas la fin de l’histoire. » [Proverbe brésilien]

Safiyya Bint Jean-Louis | Riveraine / RUE89

“Kounek chef” le “Master chef” à l’algérienne

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Lancement de la téléréalité “Kounek chef” sur Echorouk TV au mois de Ramadhan

La première téléréalité culinaire débarque sur la télévision algérienne. “Kounek chef” est un concours qui mettra en scène seize candidats soumis à de nombreux défis sur l’art de la préparation gastronomique. 
Le concept de ce jeu de huit numéros est de soumettre les participants à un vote où deux candidats seront éliminés toutes les semaines. L’émission débutera au mois du Ramadhan sur la chaîne Echorouk TV en partenariat avec Fleurial.
Les futurs “chefs” seront formés par des chefs cuisiniers de renommée internationale, notamment l’Algérien Ikram Abdelghafour et la Marocaine Rachida Ziouche.

Cette version de l’émission française “Master chef” est à 100% algérienne sur tous les plans. Elle vise à apporter un nouveau regard sur la cuisine algérienne. D’ailleurs, l’objectif de cette initiative est “de faire émerger des talents pour les faire entrer dans la profession de chef”, peut-on lire dans le communiqué de presse.
Aussi, s’agit-il d’attirer l’attention “sur les produits consommés  : qualité, fraîcheur”. Cette idée reste une bonne entreprise vu l’absence de restaurants aux enseignes prestigieuses proposant de la bonne cuisine traditionnelle algérienne.
Ayant développé une culture culinaire pour les fast-foods, les chefs cuisiniers sont quasi inexistants et le secteur gastronomique connaît un grand déficit d’établissements de formation de haut niveau qui puissent permettre aux cuisiniers d’accéder aux rangs de grands chefs.

LIBERTE

NÉBIL KAROUI, P-DG DE NESSMA TV, ANNONCE LE PROGRAMME DU RAMADHAN 2012

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L’Algérie fortement représentée

Après l’évènement “Tahya El-Djazaïr” et la couverture des élections législatives du 10 mai dernier, Nessma TV offre, dans sa programmation spéciale Ramadhan, une belle part à l’Algérie. Des stars du petit et du grand écran ont pris part aux productions de Nessma TV.

Nébil Karoui, président-directeur général de Nessma TV, a animé, hier matin à l’hôtel Sofitel, une conférence de presse durant laquelle il a décliné les grandes lignes de la programmation, spéciale Ramadhan, de sa chaîne. M. Karoui a d’abord indiqué que Nessma TV était à présent “accréditée en Algérie”, tout en soutenant que “nous n’avons jamais eu de problèmes avec les autorités algériennes, même avant l’obtention de l’accréditation. Nous étions tolérés. Mais à présent, nous pouvons travailler en toute liberté, et avons plein de projets pour l’Algérie”. Il a également rappelé que Nessma TV était très regardée et appréciée en Algérie, tout en révélant que “nous avons appris que nous avions la plus grande audience en France auprès de la communauté maghrébine”.
Pour le Ramadhan 2012, Nessma TV a produit “environ 90 épisodes de séries : 30 épisodes algériens, 30 tunisiens et 30 autres épisodes algéro-tunisiens”. L’Algérie sera fortement présente dans les programmes de Nessma TV et largement représentée par de grands noms de la comédie et du cinéma, notamment Sid-Ahmed Agoumi — qui participe à quelques épisodes de la série Dar El-Wazir —, Kamel Bouakkaz, Farida Krim, Razika Ferhane, Nawal Zaâter, Mourad Chaâbane, Linda Yasmine, etc. Les téléspectateurs auront droit à la deuxième saison de Zayen Saâdek, réalisé par le Tunisien Lasaâd Ouaslati. Une série avec un casting 100% algérien. Même si elle connaissait un très grand succès, la sitcom Nsibti Laâziza n’a pas été reconduite, et ce, suite au décès, le Ramadhan dernier d’ailleurs, d’un des personnages principaux, Sofiane Chaâri. Une autre comédie a donc été conçue. Dar El-Wazir qui raconte les aventures d’un ministre déchu, marié à une Algérienne, à qui il arrive de nombreuses aventures. Une comédie sur un fond de Printemps arabe. Pour les beaux yeux de Catherine est une autre série dramatique, produite par Nessma TV. L’intrigue se situe deux années avant la chute du régime de Ben Ali, dans un village de pêcheurs, inerte, où les jeunes sont obsédés par la harga. “J’ai choisi le scénario qui parlait le moins de la révolution. Le traumatisme est très grand en Tunisie et il n’y a pas de recul”, déclarera Nébil Karoui. Outre le volet production, la chaîne a acheté également les droits de diffusion de la mégaproduction, Omar Ibn Al-Khattab (coproduit par MBC et Qatar TV) : une série de 31 épisodes, tournés en 300 jours avec 3 000 comédiens. M. Karoui a préféré comparer cette série qui risque de susciter une polémique — en raison de la représentation du compagnon du Prophète (QSSSL) — à la série iranienne, Youssef : Omar Ibn Al-Khattab, c’est plutôt ‘Youssef’ que ‘Persépolis’. C’est une série qui est produite par le Qatar et MBC, donc d’un côté El-Qaradhaoui et de l’autre, la famille royale saoudienne. Mais ça ne va pas empêcher des voix qui s’élèveront. Pour rappel, les droits de diffusion de cette série-événement ont également été acquis par la Télévision algérienne. Reste à connaître à présent les horaires de diffusion sur les différentes chaînes ! Nessma TV proposera également pour ce Ramadhan “les Guignols du Maghreb”. “On s’est entendu avec Canal +. On veut rire de nous-mêmes, mais on ne veut pas régler des comptes avec des personnes ou être méchants avec les gens. Ce programme durera 5 minutes, et à la fin du Ramadhan, on l’intégrera dans Ness Nessma”, a expliqué M. Karoui. Et d’ajouter : “On va lancer un atelier d’écriture dans le Maghreb. D’ailleurs, le Hic participera à l’écriture”. À la  question de savoir s’il y aura des personnalités politiques algériennes qui figureront dans ce programme, M. Karoui répondra en montrant une photo de la marionnette-guignol d’Abdelaziz Belkhadem. “Il y aura Obama, Sarkozy, Hollande et les autres. Les marionnettes-guignols sont en fabrication”, a-t-il appuyé. L’émission Jek El-Marsoul sera diffusée tous les jeudis soir sur Nessma TV, ainsi que Couzinetna Hakka où trois chefs (un Algérien, un Tunisien et un Marocain) partageront leurs recettes avec les téléspectateurs. Les amoureux des sports olympiques ne seront pas servis cette année sur Nessma TV, car pour le P-DG de la chaîne : “Il fallait faire un choix. On avait la possibilité de couvrir l’évènement des Jeux olympiques, mais malheureusement, cela tombe avec le mois de Ramadhan.” Mais il y en aura pour tous les goûts durant ce Ramadhan sur Nessma TV. M. Karoui a, en outre, annoncé qu’“après le mois sacré, on réfléchit à des programmes hebdomadaires dans le cadre des célébrations du cinquantenaire de l’Indépendance. On fera des choses différentes”.

Par : Sara Kharfi/ LIBERTE

Algérie : Les gardes communaux ne désarment pas

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Le quartier Zabana à Blida a renoué ce mardi avec la présence de milliers de gardes communaux qui ont décidé d’un sit-in devant le siège de la délégation de la garde communale de Blida devenu le point de ralliement de gardes communaux qui ont afflué de toutes les wilayas du territoire national.

Sur place, et malgré la chaleur accablante, le soleil brulant et la sueur qui collait les vêtements à la peau, des milliers d’entre ces algériens qui ont combattu le terrorisme depuis les premières heures attendaient la réponse du gouvernement qui leur sera transmise par leurs délégués au niveau du ministère de l’intérieur. L’atmosphère était pesante, on sentait que quelque chose de très important se passait là, mais c’était très imprécis.

Les gardes communaux, la peau basanée par le soleil, les épaules basses et la démarche lourde, semblaient prêts à tout mais gardaient quand même l’espoir que leur attente allait être récompensée et leurs revendications « pourtant simples et légitimes » acceptées. Quand nous nous sommes rapprochés d’un groupe qui se tenait à l’ombre d’un arbre, juste en face de la délégation de wilaya, nous fûmes aussitôt entourés de près d’une dizaine d’entre eux, d’autres nous regardaient d’un air blasé alors que certains avaient l’air de nous jauger, comme si nous pouvions être des « provocateurs envoyés par les autorités ». En effet, dès les premières paroles, l’un d’entre eux qui s’était porté volontaire pour nous parler affirma que : « on a fait savoir aux habitants du quartier Zabana que nous (les gardes communaux) allions nous attaquer aux magasins pour les piller, juste pour les monter contre nous, même s’ils doivent envoyer quelqu’un de chez eux pour saccager les magasins et nous faire endosser leurs actes ». Il déclara que ce sont les habitants qui leur ont dit qu’ils avaient été avertis (on ne sait comment) que les gardes communaux allaient les attaquer, mais « nous les avons tranquillisés et assurés que nous n’avions rien contre eux » précisa notre interlocuteur. Invité à nous raconter les péripéties de la veille quand ils ont voulu regagner El Mouradia, le garde communal prit soudain un air triste, mi-résigné mi-décidé au pire et commença par : « nous avons acheté des roses avant de partir et nous les avons remises aux policiers qui se trouvaient à proximité de nous, nous leur avons dit que nous faisions partie de la même famille, que nous étions deux institutions de la république. Nous avons pris le départ vers 4 h du matin, nous avons occupé la bande d’arrêt d’urgence pour ne pas gêner la circulation, encadrés par des policiers. Nous avions aussi des roses et des branches d’oliviers pour dire que notre marche était pacifique, que nous voulions juste faire entendre nos voix aux plus hautes autorités du pays ». Toujours selon le narrateur, la procession, forte de plus de 40.000 gardes communaux a continué son chemin sans être empêchée jusqu’à Birkhadem mais : « une fois à Ain Kerma, et après avoir quitté l’autoroute Alger-Blida, nous avons remarqué que la route que nous avions empruntée était vide, elle était réservée juste pour nous.

Nous avons aussitôt senti que quelque chose se préparait, surtout quand des citoyens nous ont prévenus qu’il valait mieux ne pas continuer. En outre, des jeunes de la localité ont voulu se joindre à nous, mais nous avons refusé pour éviter toute équivoque et toute provocation » a-t-il continué. Il a d’ailleurs fallu l’intervention de notables pour que les jeunes consentent à ne pas accompagner les gardes communaux dans leur marche. Après avoir parcouru quelques centaines de mètres, les gardes communaux ont été accueillis par un cordon de policiers anti-émeute qui utilisaient un canon à eau. « Ils (les policiers) nous barraient la route mais ils avaient préparé tout un chargement de pierres derrière eux, nous avons tenté de les repousser mais une pierre –la première- est partie de chez les policiers » nous a affirmé notre interlocuteur. Ce fut ensuite l’empoignade, avec des mottes de terre au début puis « en leur rendant les pierres qu’ils nous lançaient » a-t-il précisé. Derrière ce premier cordon, il y avait des milliers d’agents anti-émeute qui attendaient de pied ferme les marcheurs, « avec des grenades lacrymogènes, des chiens et des bâtons » continua- t-il. Malgré leur nombre très important, les gardes communaux se rendirent très vite compte qu’ils ne pouvaient plus aller plus loin et ils décidèrent de rebrousser chemin. Arrivé à ce point de sa narration, le garde communal qui nous racontait ces péripéties changea de ton, l’amertume se lisait sur son visage et ses yeux s’embuèrent presque, les paroles devinrent saccadées, comme si ce qui s’est passé ensuite avait occasionné une cassure inattendue : « Nous avons alors décidé de revenir sur nos pas, nous leur avons tourné le dos pour repartir d’où nous venions, mais ils nous ont poursuivi avec le canon à eau, bien qu’ils se soient rendu compte que nous ne voulions plus avancer vers Alger. Nous n’avons jamais pensé qu’ils feraient cela » l’avons-nous entendu nous dire, les yeux dans les yeux. Tous ceux qui nous entouraient s’étaient tus, comme pour conjurer des moments difficiles qu’ils ne souhaitent plus se rappeler…Lire la suite de l’article

Source : Le Quotidien d’Oran

ENTREPRISE 100% ALGÉRIENNE Faderco inaugure son usine à Sétif

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Sétif sera le bassin de la transformation papetière, une industrie qui aura longtemps été la chasse gardée de quelques rares pays européens.

Faderco, entreprise pionnière dans le secteur de l’hygiène corporelle en Algérie, vient d’inaugurer son usine à Sétif. Cette dernière couronne un quart de siècle d’activité dans le domaine de l’hygiène corporelle, notamment féminine et infantile. Le directeur général de cette entreprise à 100% algérienne, M.Habès Amor, a tenu à organiser cet événement en pleines festivités de la date symbole du 5 Juillet. En effet, dans la zone d’activité de la capitale des Hauts-Plateaux qui abrite désormais cette importante réalisation industrielle, M.Habès a personnellement accueilli les autorités de la wilaya, dont M.le wali Zoukh Noureddine.

Tous ont alors et à la faveur de cette inauguration, observé une minute de silence à la mémoire des valeureux chouhada de la Révolution de Novembre 1954 et salué l’emblème national, lequel flottait non loin d’une stèle réalisée par l’artiste Yamo et qui célèbre les cinquante années d’indépendance. L’oeuvre est matérialisée par cinquante colombes.
«L’entrée en activité de ce complexe industriel coïncide avec le 5 juillet et concrétise enfin le rêve de tous les actionnaires. Je suis fier de tous mes collaborateurs et de toute la famille Faderco, surtout que ce projet s’inscrit dans une logique de développement de notre société qui modernise ses outils de production. Ces derniers renforceront notre position de leader sur le marché algérien et nous permettront d’améliorer de plus belle la qualité de vie des Algériens. Nos articles sont labellisés et n’ont rien à envier à ceux de l’importation, ils sont même exportables», a alors déclaré M.Habès dans une allocution de circonstance.

M.Habès, patron de Faderco, entouré de ses collaborateurs

Ce complexe industriel emploiera directement mille personnes, une fois ses différentes phases complètement achevées. Ainsi, dans cette première étape, dénommée Sétif I, une ligne de production de très haute capacité et de dernière technologie, a pour mission de couvrir 100% de la demande nationale en produits d’hygiène infantile et adulte, dont les changes complets Uni-form et alèses. Sétif II sera quant à elle spécialisée dans la transformation de papier et versera dans les papiers à usage sanitaire et domestique, dits d’essuyage, comme les essuie-tout, mouchoirs en papier, papier hygiénique et serviettes de table. Un créneau qui connaît un fort taux de croissance en Algérie, grâce à la demande exprimée par les ménages, les collectivités locales et autres aéroports… A ce palier, Faderco s’inscrit dans une stratégie de développement de la filière papetière en Algérie qui permettra le recrutement de 12.000 employés en indirect et 300 autres sur le lieu même de la production. Cotex sera alors et à ce titre sa future marque à laquelle l’on prédit un développement certain, avec en parallèle la livraison de 650 millions de change par an.

La troisième et ultime étape ou phase III de ce mégacomplexe de Faderco verra l’installation d’une usine qui produira de la pâte à papier. Ce projet très technique qui a déjà eu l’aval des autorités de Sétif sera implanté sur une aire de six hectares. Ce premier complexe papetier de l’Est fournira tous les producteurs nationaux de papier hygiénique, c’est-à-dire même les concurrents de Faderco, le but étant de réduire la facture d’importation. Il rentrera en activité dès janvier 2014. Assurément, la nouvelle usine de Faderco ne peut qu’avoir un impact économique positif sur toute la région de Sétif. D’ailleurs, son top management a été puisé dans l’Université de Sétif. Cette usine, dont le coût avoisine les trente millions d’euros, est le prélude de l’entrée de Faderco à la Bourse d’Alger. Elle renforce les trois sites de production de Faderco déjà existants, à savoir Eucalyptus, Meftah et Oued Smar, à Alger.

Salim Benalia/ L’Expression

Algérie – Cinquantenaire de l’indépendance: un drapeau géant flotte sur le pic de Tallettat

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Les habitants du petit village de Timeghras, dans la commune de Ait Boumahdi (une quarantaine de km au sud de Tizi-Ouzou), a marqué mardi la célébration du cinquantenaire de l’indépendance nationale, en plantant un drapeau géant de 24 m² sur le pic de Tallettat Tamoukrant (la grande main) à 1. 800 mètres d’altitudes dans le Djurdjura.

Une action grandiose et surtout courageuse, car faire l’ascension de Tallettat, appelée aussi "la main du juif", n’est pas une simple balade touristique, mais une escalade très risquée dans un paysage schisteux, formé de rochers et de pierres instables, composant la dorsale nord du Djurdjura.

Vers 09h30 les habitants de Timeghras, forment un cortège de véhicules, de bus et fourgons mobilisés par l’APC d’Ait Boumahdi, accompagnés par une ambulance de la Protection civile de la direction du plateau d’Aswel.

Les voitures s’engagent sur la route qui mène vers Bouira et s’arrêtent à environ 12 km des limites territoriales de cette wilaya. D’un pas sûr, impatient et déterminé, Amrani Boussad, du village Timeghras, âgé d’une soixantaine d’années, portant un sac à dos rempli de bouteilles d’eau, ouvre la marche.

En juillet 1962, alors qu’il n’était âgé que d’une dizaine d’années, il était monté jusqu’au pic de Tallettat Tamchtouht (la petite main) à 1.500 mètres dÆaltitude, avec d’autres enfants et hommes de son vrillage, pour arracher le drapeau, bleu blanc rouge, déployé par les Français juste avant le référendum pour l’autodétermination, dans le vain espoir d’influencer le vote des algériens.

"Nous étions pressés d’aller arracher le drapeau de ceux qui nous ont colonisé pendant 132 ans, ont assassiné, emprisonné et torturé nos parents et brûlé nos villages. Aujourd’hui je suis impatient d’atteindre le pic pour déployer notre emblème national au-dessus du pic où 50 an plutôt les Français avait planté le leur", dit-t-il d’un air joyeux, tout en marchant d’un pas alerte.

Au bout de quelque 2 km et d’une heure et demi d’ascension, la procession des villageois, dont beaucoup de jeunes, et le chef de daïra de Ouacifs, qui a tenu à être présent à l’évènement, arrivent à Talletat Tamoukrant qui fait face au pic de Lalla Khedidja, le plus haut sommet du Djurdjura qui culmine à 2.308 mètres d’altitude.

Même si l’initiative est citoyenne, la cérémonie de la levée des couleurs était protocolaire. Le petit Amayas Zahi, enfant d’une famille de chouhada, prend le drapeau et le remet à des agents de la Protection civile pour le fixer au mât scellé quelques jours auparavant dans la montagne.

Des villageois forment une file indienne pour tenir ce drapeau de 4X6mètres tandis que le reste de la foule entonne l’hymne national pour accompagner la levée des couleurs.

Un fort moment d’émotion dans cet endroit, situé entre ciel et terre, qui invite à la contemplation et au ressourcement. Une minute de silence a également été observée à la mémoire des martyrs de la guerre de libération nationale.

Les villageois entament alors la descente, plus éprouvante que la montée, fatigués certes, mais fière de leur action.

"Il faut être fou amoureux de sa patrie, jaloux de son histoire pour réaliser un tel exploit afin de rendre hommage aux moudjahidine et aux chouhada qui ont consenti le sacrifice suprême pour libérer le pays du joug colonial", s’accordent à dire ceux qui ont été invité à prendre part à cette opération.

"L’idée de réaliser une telle action pour rendre hommage aux 440 martyrs de la commune a germé lors de l’inauguration, l’année passée, du monument dédié aux 148 martyrs du village Timeghras", informe, à cet égard, M. Ikhlef Azouaou, un habitant du village et ancien président du comité de village de ce hameau.

Une idée qui a été adoptée par l’APC d’Ait Boumahdi, l’association culturelle Tafrara de Timeghras, et l’ensemble des habitants de ce village, jaloux et fier de leur histoire.

Le déploiement du drapeau géant rentre dans le cadre d’un festival appelé Ameghras (le Chahid) qui a débuté dimanche pour se poursuivre jusqu’au 5 du mois, avec, notamment, des conférences, des projections de films et des témoignages sur l’histoire de la région.

APS

A la une Actualité Accession de l’Algérie à l’OMC La rencontre du groupe de travail reportée à juillet

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Les négociations traînent en longueur avec les principaux partenaires commerciaux de l’Algérie de l’Union européenne ainsi qu’avec les Etats-Unis.

Prévue initialement pour le mois de juin, la rencontre formelle sollicitée par l’Algérie avec le groupe de travail chargé de l’accession à l’Organisation mondiale du commerce ne va se tenir qu’au mois de juillet prochain à Genève.
Les raisons invoquées pour justifier ce report ont trait aux «changements qui devraient intervenir en Algérie après la proclamation des résultats définitifs des élections législatives 2012 par le Conseil constitutionnel», soit la nomination d’un nouveau gouvernement. Selon l’agence APS qui reprend les propos d’une source proche du dossier, cette rencontre sera consacrée à «la présentation des transformations législatives et réglementaires opérées en Algérie» depuis la tenue du 10e round des négociations en 2008 et à «l’examen des réponses apportées par l’Algérie aux questions des pays membres de l’organisation, en plus des questions qui concernent le système commercial algérien, aussi bien interne qu’externe».

Et de préciser que si le projet de rapport a déjà été présenté au cours de la réunion informelle de mars dernier, il reste à faire avancer les négociations bilatérales avec les pays membres de l’OMC. D’ailleurs une série de rencontres à cet escient est prévue fin juin. De même source, on explique que les négociateurs algériens auront à rencontrer «les pays membres de l’OMC qui ont manifesté un intérêt pour entrer en contact direct avec l’Algérie. Un calendrier sera établi prochainement en vue de conclure les accords avec certains et de faire avancer les négociations avec d’autres».
5 accords signés avec l’Algérie
Il faut rappeler dans ce sens que l’Algérie a signé à ce jour 5 accords bilatéraux.
Or, les négociations traînent en longueur avec les principaux partenaires commerciaux de l’Algérie de l’Union européenne ainsi qu’avec les Etats-Unis. D’ailleurs, les rencontres bilatérales tenues en mars avec l’UE, les USA et un certain nombre de pays d’Asie et d’Amérique du Sud ont, certes, permis d’avancer, comme c’est le cas avec l’Argentine, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Malaisie et l’Indonésie, sans pour autant conclure les négociations avec les partenaires les plus importants. Selon la même source, la position de la mission diplomatique de l’UE à Genève «ne reflète nullement» les avancées réalisées dans les négociations entre les deux parties.  A contrario, il semblerait que les Américains aient affiché «une certaine disponibilité à tenir une rencontre, soit à Alger soit à Washington, pour négocier et essayer d’aplanir des divergences de vue».

Melissa Roumadi/ El Watan