EL GUSTO: Au cœur de la Casbah d’Alger

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UN FILM DE SAFINEZ BOUSBIA. Avec les musiciens de l’orchestre El Gusto

La bonne humeur – el gusto – caractérise la musique populaire inventée au milieu des années 1920 au cœur de la Casbah d’Alger par le grand musicien de l’époque, El Anka. Elle rythme l’enfance de ses jeunes élèves du Conservatoire, arabes ou juifs. L’amitié et leur amour commun pour cette musique qui « fait oublier la misère, la faim, la soif » les rassemblent pendant des années au sein du même orchestre jusqu’à la guerre et ses bouleversements.
El Gusto, Buena Vista Social Club algérien, raconte avec émotion et… bonne humeur comment la musique a réuni ceux que l’Histoire a séparés il y a 50 ans.

Raté pour The Daily Telegraph, Qassaman retentira bien à Londres pour Makhloufi roi du 1500m

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N’en déplaise à la journaliste du quotidien britannique The Daily Telegraph, l’hymne algérien Qassaman retentira bien dans le stade de Londres pour saluer la victoire de l’athlète algérien Taoufik Makhloufi sur le 1500 M. Le coureur, miraculé après avoir été exclu puis repêché lundi, est devenu mardi soir le roi du 1500 m.

Taoufik Makhloufi, 24 ans, offre ainsi la première médaille à l’Algérie dans ces Jeux Olympiques de Londres après une folle course qui restera certainement dans les annales. Elle le sera d’autant plus que cet athlète est revenu de loin, de très loin.

Au cœur d’une rocambolesque affaire lundi 6 août, Taoufik Makhloufi a finalement été autorisé à courir la finale du 1500m. Et il ne s’est pas privé pour surclasser ses adversaires. En 3’34 »08, l’Algérien a sacré champion olympique, devant l’Américain Leonel Manzano (3’34 »79) et le Marocain Abdalaati Iguider (3’35 »13).

Dans un article signé par la journaliste Sarah Rainey en date du 26 juillet, le quotidien britannique The Daily Telegraph a dressé un classement des 10 « mauvais » hymnes nationaux de ces jeux olympiques de Londres.

L’hymne algérien Qassaman arrivait à la cinquième place derrière l’Espagne. Cet article a soulevé un tollé en Algérie et le journal a dû le retirer de son site web et présenter des excuses aux lecteurs après les protestations officielles des autorités algériennes.

Quand Qassaman sera joué à Londres après la remise des médailles, les Algériens ne bouderont pas leur plaisir pour saluer la victoire de ce garçon qui sauve l’honneur de son pays en lui offrant le plus beaux des métaux.

Tayeb Belmadi/ DNA
Lire l’article original : Raté pour The Daily Telegraph, Qassaman retentira bien à Londres pour Makhloufi roi du 1500m | DNA – Dernières nouvelles d’Algérie

L’Algérien Taoufik Makhloufi, champion olympique du 1 500 mètres

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Taoufik Makhloufi a remporté, mardi, la médaille d’or du 1 500 mètres en s’imposant en 3 min 34. Accusé de comportement antisportif, il avait été exclu des Jeux quelques heures avant d’être réintégré sur présentation de certificats médicaux.

AFP - L’Algérien Taoufik Makhloufi est devenu champion olympique du 1500 m en s’imposant en 3 min 34 sec 08/100 en finale, mardi à Londres, après avoir été exclu des Jeux pendant quelques heures lundi.

L’Algérien de 24 ans, qui succède au palmarès au Kényan Absel Kiprop, a devancé l’Américain Leonel Manzano, qui est allé chercher la 2e place en 3:34.79 grâce à un excellent finish, et le Marocain Abdalaati Iguider, 3e en 3:35.13.

Après s’être qualifié dimanche pour la finale du 1500 m, Makhloufi avait été exclu des JO pour comportement antisportif lundi quand il avait abandonné bien trop rapidement lors d’une série du 800 m, épreuve dont sa Fédération avait oublié de le désengager à temps. Quelques heures plus tard, il avait été réintégré sur présentation de certificats médicaux.

Kiprop, qui avait d’abord été médaillé d’argent à Pékin mais était devenu champion olympique après le déclassement du Bahreïni Rashid Ramzi pour dopage, a pris la 12e et dernière place. Le Kényan est le 5e performeur de l’histoire.

Le premier Kényan au classement de la finale à Londres a été Silas Kiplagat, qui a fini 7e (3:36.19). Kiprop, Kiplagat et leur compatriote Nixon Chepseba détiennent les trois meilleurs temps de la saison.

Le Néo-Zélandais Nick Willis, médaillé d’argent à Pékin, a terminé 9e.

Portrait… Boualem l’Algérien

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Parce qu’il avait l’accent algérois nous l’appellerons, faute de mieux, Boualem. C’est un prénom qui sonne comme un coup de canon : Bou-alem. Et il ressemble bien à notre homme.

Nous sommes le 5 juillet dans un métro parisien. Il est 22 heures. Les lumières sont tamisées et les visages pales et défaits. Voilà qu’un homme monte dans la le wagon. Il toise des filles, blondes comme des épis, fixe agressivement les hommes dans un long travelling de défi. Et lance d’une voix forte : « Vous savez qu’aujourd’hui c’est la fête nationale d’indépendance algérienne, hein est-ce que vous le savez au moins bande d’ignorants ? » Et il ajouta un gros juron. Je fus le premier surpris : quoi un Français interpelle d’autres Français sur la fête nationale ! Car le bougre, au teint très clair ressemblait plus à un Allemand qu’à un Algérien type vivant en France. Vous voyez le genre : visage en lame de couteau, brun, trapu et la mine soit agressive, soit aux abois, dans tous les cas pas de quoi vous rassurer. Admonestés, fustigés, nobody n’a répondu. Même l’accordéoniste qui faisait la quête après nous avoir bercé avec « La vie en rose » a tout suspendu : et sa quête et sa musique. Il tendait l’oreille sous son béret basque. N’ayant pas eu de réponse, Boualem a poursuivi en reluquant les blondes créatures, accompagnées svp de leurs petits amis : « Vous nous avez colonisé plus de 130 ans et pas un mot gentil, pas un mot de félicitations ! Vous avez tout pris, vous avez massacré plus d’un million de personnes et pas un mot d’excuses ! » Emporté par sa fougue, il oublia et les filles et leurs accompagnateurs, il recadra large en s’adressant à la multitude bigarrée : « C’est ça la France la mère des droits de l’homme ! Mon œil ! Si vous aviez tué autant de juifs que d’Algériens, vous auriez fait d’une 5 juillet le jour du grand pardon, une autre shoah, mais que vaut à vos yeux la peau d’un bougnoule ! » La charge était rude. On s’attendait à ce que ce gaillard, long comme un jour de ramadhan, au style punk réponde. Silence de mort. Et cet autre au crâne rasé et à la mine patibulaire va-t-il mettre fin aux attaques de notre compatriote ? Va-t-il le pulvériser, car il le fait deux fois. Silence de mort. Enfonçant le couteau dans la plaie, Boualem remua profondément ce couteau acéré qu’est sa langue : « Personne ne répond ? Personne ne présente d’excuses ? Je m’y attendais ! Pas un seul homme digne de ce nom capable d’assumer les crimes de ce pays ! Bandes de lâches vous me dégoûtez ! » Et à la station suivante, il quitta le wagon. Il fut le seul à descendre. Ce qui ne manqua pas de m’étonner, car la station était très fréquentée. Du coup la tension retomba. Les visages cramoisis reprirent des couleurs. J’entendis même des respirations, et je vis, oui je vis, quelques sourires éclairer quelques visages. L’ambiance redevint normale. La guerre d’Algérie est descendue du métro.

Par : Hamid GRINE/ hagrine@gmail.com/ LIBERTE

Aide humanitaire du Croissant-Rouge algérien au Nord du Mali

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Quand la volonté de l’humanitaire défie la terreur du terrain !

Le Croissant-Rouge algérien (CRA) mène une caravane d’aide humanitaire au nord du Mali depuis le début du mois courant. Le premier convoi de l’action humanitaire d’envergure, que le CRA compte poursuivre pendant longtemps dans les trois grandes régions du nord de ce pays, tombées sous le joug des groupes armés, a quitté Bamako dans la soirée du lundi 9 juillet, en direction de Gao. Le deuxième convoi s’est ébranlé ce week-end, cette fois-ci, à partir de la ville frontalière de Bordj-Badji-Mokhtar pour aller vers Kidal. Tombouctou sera la prochaine destination du CRA…

À Gao, ville contrôlée essentiellement par le groupe dit le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest, la présence d’étrangers est dérangeante. L’importance d’une “mission purement humanitaire” du Croissant-Rouge algérien est, du fait, que c’est la première opération d’envergure que mène l’Algérie en direction des populations nord-maliennes abandonnées à leur sort. Même si le sigle du Croissant-Rouge algérien indispose certaines factions, le CRA a investi le terrain occupé jusqu’alors par la Croix, symbole du christianisme, choisie par d’autres mouvements humanitaires tels que le CICR ou encore la Croix-Rouge malienne. Au-delà de toutes ces considérations, la population attend l’aide humanitaire comme une délivrance. Pour elle, seuls les deux grands camions du CRA, bourrés de vivres, dont une partie du don algérien de 3 600 tonnes de riz transporté par avion sur Bamako et un important lot de médicaments de première nécessité, importent.

Gao sous le joug du Mujao
“On a faim !” est le mot d’accueil lancé en chœur, en bambara, par les autochtones, au passage de la caravane du CRA. “Ça donne vraiment la chair de poule !” rétorque à chaque fois la sage-femme, membre de la mission du CRA. Le long et harassant périple, plus de 1 200 km (Bamako-Gao), effectué par la caravane du CRA, n’a pas manqué de livrer plusieurs scènes similaires. Du Sud au Nord, le même cri de détresse est traduit dans toutes les langues parlées au Mali (le peul, le bambara, le tamachaq ou la langue targuie, le français, l’arabe…). Le Nord reste toutefois la région la plus affectée par la crise. De Douentza, ville distante de près de 800 km de la capitale, jusqu’à la frontière nord du Mali, vaste espace désertique abritant les villes de Tombouctou, Gao et Kidal, aucune institution ne fonctionne depuis le putsch du 22 mars. Plongées dans l’incertitude, les populations y survivent au gré du diktat imposé par différents groupes terroristes. Les barrages de contrôle et de surveillance de l’armée et/ou de la gendarmerie maliennes s’arrêtent exactement à la limite de la localité de Kona, dans la région de Mopti.

Zone franche, zone d’ombre
De Kona à Douentza, 125 km, c’est le no man’s land ! Désormais, cet espace séparant le Nord du Sud du Mali est laissé comme zone franche qui n’a rien à envier à celles qui se définissent entre deux pays frontaliers souverains. Mais à la nuance que c’est aussi une zone d’ombre qui n’a pas encore livré tous ses secrets. Les militaires, d’un côté, et encore moins les terroristes, de l’autre, ne veulent pas, semble-t-il, s’y aventurer pour éviter tout affrontement. Les groupes du Mujao et d’Aqmi, ou encore d’Ançar Eddine, ont déjà beaucoup à faire avec leur ennemi du Nord, le MNLA, qu’ils viennent de pourchasser de la ville de Gao. Tandis que l’armée malienne reste encore fragilisée par le coup d’État opéré par (son) capitaine Amadou Sanogo. Mais, en dépit de ce terrain miné, la caravane du CRA passe…
Et les vivres livrés à la population. Le dernier contrôle d’usage ayant eu lieu à Sevaré, faubourg est de la commune de Mopti, la caravane du CRA passe la nuit du mardi à mercredi  à Douentza.  Au cours du voyage, le convoi et ses occupants ne ratent jamais de marquer une halte dans les différents villages pour saluer les citoyens et recueillir leurs doléances. À l’arrivée, décision est prise de distribuer “équitablement” les dons du CRA pour les citoyens des deux villages de Gossi (165 km de Gao) et Doro (105 km de Gao). Ces deux villages ont bénéficié respectivement de 10 et 5 tonnes de riz (200 et 100 sacs de 50 kg). Les autres 25 tonnes de riz et les médicaments sont livrés à Gao. “Ne vous inquiétez pas, on vous ramènera progressivement tout ce qui vous manque, ce n’est qu’une affaire de temps”, tente de convaincre un interlocuteur malien dont on ignore l’appartenance.

Le djihad, le carburant  et  le… choléra  !
Gao a d’autres soucis que l’approvisonnement alimentaire. Le carburant est quasi introuvable. Les différents groupes présents ne sont pas moins préoccupés que la population, voire un peu plus qu’elle, concernant la nécessité d’approvisionner les stations-service de la ville en carburant. Certains seraient même prêts à troquer les vivres contre du carburant ! “Aujourd’hui, la population réclame plus du carburant que des denrées alimentaires”, indique la population au chef de la mission du CRA. Le manque de carburant au nord du Mali a été, certes, relevé par différentes parties, mais pour les citoyens, la priorité doit être donnée d’abord et avant tout à la décontamination de l’eau potable, outre l’approvisionnement des structures hospitalières de la région en médicaments et autres équipements nécessaires. Pour ces mêmes citoyens qui “(ont) faim”, le carburant ne remplacerait en aucun cas les aliments… Encore faut-il rétablir la sécurité dans cette région pour voir enfin le carburant servir réellement la population. À tous ces problèmes, vient s’ajouter le choléra qui ravage la population de Gao. Selon les informations fournies par la direction de l’hôpital de la ville, au moins 50 cas (de choléra), depuis le 30 juin. Parmi ces cas, deux enfants, l’un âgé de 4 ans et l’autre de 14 ans, sont décédés, alors que trois autres décès ont été signalés mais pas confirmés. À l’instar des autres mouvements humanitaires, le CRA se déclare “très attentif” à toutes les doléances exprimées.
“Peu importe qui intervient, le plus important est ce qu’on donne”, souligne, pour sa part, le représentant du CICR à Gao, qui insiste sur la nécessité de la “coordination” entre toutes les parties intervenantes. Il met l’accent également sur l’importance du principe de “neutralité” des mouvements humanitaires. Les responsables du CRA, dont l’objectif premier est d’apporter l’aide aux populations, s’engagent naturellement à respecter les règles du jeu. Ils affirment que ce premier pas franchi dans le nord du Mali se veut comme une occasion de rencontrer les responsables de la société civile, recenser tous les problèmes et évaluer de près la situation non sans promettre de revenir…

Par : Farid Abdeladim/ LIBERTE