Nouvel an Hijiri 1434

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كل عام والأمة الإسلامية بأمن و خير

À l’occasion de la nouvelle année Hijri 1434, Adel Life Blog souhaite a tous les musulmans du monde entier, un nouvel an, plein de paix, de joie et de bonheur.

Algérie/ Élections locales À Alger, les candidats s’affichent, les citoyens regardent… ailleurs

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Dans les différents quartiers de la capitale, les élections du 29 novembre prochain n’arrivent toujours pas  à capter l’intérêt des électeurs.

Lundi matin, un ciel gris lâchait subrepticement quelques gouttes de pluie sur la ville de Baraki. Les gens vaquaient à leurs occupations, même si, de l’autre côté, d’autres tentaient de “savonner la planche” aux citoyens pour les convaincre de glisser un bulletin dans l’urne le 29 novembre prochain. Devant les panneaux d’affichage, quelques vieux scrutent les photos, les jeunes pressent le pas vers les cafés et le marché, les femmes, le regard au sol, s’empressent de quitter les lieux. Elles ne sont pas concernées par la politique, laisse-t-on dire.
“Ah bon, il y aura des élections ?” lâche Samir, détenteur d’un commerce sur le boulevard Mohamed-Bellarbi de Baraki. Une manière pour notre interlocuteur de dire tout son désintérêt pour un scrutin qui n’arrive toujours pas à capter les regards. En face de son magasin, une permanence électorale du Mouvement populaire algérien, le MPA d’Amara Benyounès. Banderoles accrochées à l’entrée de la salle, des panneaux en bois disputent la place aux emblèmes suspendus à l’intérieur, des posters ornent des surfaces entières sur des mûrs vétustes. “Même les médias alimentent ce désintérêt”, souligne un des permanenciers du MPA. Pour ce jeune, “il est inacceptable que des chaînes de télévision ne montrent qu’une seule facette”. Il faut, a-t-il expliqué, “donner la parole à tout le monde”.
Sur le même boulevard, même les Scouts musulmans algériens, SMA, s’impliquent. Des photos géantes du président Bouteflika accueillent les quelques curieux présents devant “le local”. À quelques mètres plus loin, le FLN de Belkhadem occupe une grande salle où les candidats et autres militants distribuent des dépliants et appellent les gens à voter “le numéro 22”. Les partis “se tirent la bourre”, disait le vieil adage. À Baraki, le traumatisme de la décennie noire refait surface à chaque rendez-vous électoral. “Je suis né ici et j’ai vu défiler des dizaines de maires et d’élus à l’APC, mais sans aucun changement”, réplique à notre question Imad, vendeur de cigarettes.
“Que des promesses avec ces gens”, a-t-il ajouté, avant de souligner qu’il n’a jamais voté de sa vie et que même s’il devait le faire, il glisserait “un bulletin blanc dans l’urne”.
“Nous avons trop souffert du terrorisme pour croire à toutes ces mascarades électorales”, a-t-il ajouté avec un air triste. Retour à la permanence du FLN. Quatre femmes nous accueillent avec leurs dépliants où la photo du SG est montrée comme “un porte-chance”. Zahia Haine, candidate du vieux parti, ne perd pas espoir de voir sa liste s’illustrer le 29 novembre au soir. “Je fais de la proximité”, a-t-elle souligné. Pour cette candidate, “il ne faut pas baisser les bras, la commune a besoin de gens sincères pour travailler”.

Candidats au “sang de navet”
Rares sont les candidats qui s’immiscent dans le débat. Hormis Zahia du FLN et le jeune du MPA, les autres ont préféré rester en rade de la discussion. “Ce qui les intéresse, c’est le strapontin communal”, profère comme une insulte Yacine à l’endroit de deux candidats d’un parti islamiste.
“Ils ont du sang de navet”, comme pour résumer leur “manque de courage” à affronter les citoyens. Les quelques jeunes qui se prêtent au débat s’interrogent, non sans ricaner, sur la nécessité de désigner encore des élus.
“Ils sont là durant cinq longues années. Ils profitent de la charité de l’État et laissent le citoyen affronter seul sa misère”, résume Ryad, avant d’ajouter que ce qui l’intéresse, “c’est le MCA, la JSK, l’USMA…”
“Parlez-moi de sport, c’est beaucoup plus intéressant que ces blablas électoraux”, a-t-il asséné.

“Mettre toutes voiles dehors”
Youcef, habitant à Birkhadem, ne s’est pas donné le temps nécessaire de voir toutes les affiches électorales accrochées aux panneaux jouxtant la mairie de la localité. “Je ne vais pas voter”, dit-il. Pour nous faire connaître ses raisons, Youcef nous invite à discuter avec les citoyens sur les réalisations du maire. À peine la discussion entamée avec lui, un rassemblement de citoyens se forme autour de nous. Le maire de Birkhadem est accusé de toutes les tares. Entre exclusion de citoyens de la localité et passe-droits, les griefs retenus par les citoyens contre leur maire sont incalculables. Des dizaines de personnes se pressent pour raconter “leurs mésaventures” avec le premier responsable de la commune. “Tous les maires sont des voleurs”, a déclaré un jeune fonctionnaire dans une APC algéroise. “Je suis victime du terrorisme et ce maire ne me reçoit même pas.” Énumérant d’autres problèmes, les citoyens rencontrés abondent tous dans le même sens. Ils mettent en avant les promesses non tenues, les passe-droits, la corruption et l’exclusion du citoyen dans la gestion des affaires de la commune. Cette situation a fait que les électeurs “tournent le dos” au vote.

Le poids des expériences passées 
Naciba, commerçante et résidente à Birkhadem, va, quant à elle, à contre-courant.
“Ces gens qui vous disent qu’ils n’iront pas voter vous mentent.” Plus explicite, elle ajoutera qu’ils vont tous se rendre aux urnes le jour “J”. Avec un brin d’espoir mêlé à une incertitude, elle soulignera que “la commune a besoin d’élus sincères pour redonner espoir aux citoyens”. Où trouver ces gens sincères ? C’est la question à laquelle nos interlocuteurs répondent, unanimes, en disant que “le système a fait des élus de simples charognards”. Une affirmation lourde de sens qu’un autre jeune se charge d’expliciter en évoquant des malversations de la vente du foncier communal.
“Ils ont dilapidé le foncier de la commune. Des étrangers à la commune viennent s’installer pour assurer, lors des élections, la continuité à la même équipe.” Distribution de logements sociaux, étals au marché communal…, sont, entre autres, les sujets les plus souvent abordés lors des discussions. Nacer, fonctionnaire de l’APC, se plaint lui aussi : le maire “n’a pas voulu me réintégrer dans mon poste de travail, pourtant la justice le lui avait ordonné”. Cette situation me pousse, a-t-il dit, “à boycotter”.
Entre les boycotteurs qui se font un malin plaisir de descendre en flammes les candidats et les rares votants potentiels, la balance penche plutôt vers un boycott massif. “Certains partis commencent déjà à préparer la fraude”, jure-t-on. Nos interlocuteurs craignent des affrontements le jour du vote, si cette information venait à se confirmer.
“Un candidat qui se présente sous les couleurs d’un parti a été condamné à deux reprises par la justice”, informe Madani, avant qu’une vieille femme ajoute, toujours dans le même sens, qu’un autre parti “a présenté des illettrés”.
Sur place, deux candidats du FFS et une autre du MPA se disputent. Djamel, candidat du FFS, assure que la liste du parti d’Aït Ahmed représente les aspirations des citoyens. De son côté, Fouazia, candidate du MPA, jure que son “seul souci”, ce sont les jeunes. “Je me suis portée candidate pour essayer d’apporter un soutien à cette catégorie.” Cette catégorie qui, pour sa part, n’attend pas beaucoup de cette élection.

Quelles prérogatives pour les maires ?
Les élus locaux “n’ont aucun poids”. “Donc, à quoi servirait cette élection ?” se demande Khaled, décidé à boycotter car “le maire est réduit à gérer la misère”. Enseignant de son état, il souligne qu’il n’est pas de Birkhadem, mais qu’il est juste de passage. “Je pense sincèrement que voter, c’est participer à la ruine de ce pays.” Avec un accent d’opposant farouche, Khaled se remémore les années sombres du terrorisme où “l’État a lâché les citoyens en proie à une barbarie terroriste aveugle”.
Le réquisitoire de cet enseignant ne va pas s’arrêter en si bon chemin. Il s’attaque aux partis “participationnistes”. Pour lui, “ce sont tous des opportunistes qui travaillent pour l’intérêt politique du pouvoir”, et le pouvoir de son côté “ferme les yeux sur les dépassements et la corruption”, en guise “de retour de l’ascenseur”.
Mêmes réactions dans beaucoup d’autres quartiers populaires d’Alger. Les citoyens ne se sentent pas concernés par une élection qui, déjà, donne un avant-goût sur une participation qui, au mieux, va frôler le fiasco.

Par : Mohamed Mouloudj / LIBERTE

Qui a peur de la “rage musulmane”?

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La Une d’un magazine américain (ci-dessus) illustre parfaitement le message ressassé par les médias ces 15 derniers jours: le monde musulman s’embraserait d’une colère anti-occidentaux en réaction à un film islamophobe, et des hordes de protestataires violents nous menaceraient tous… Mais est-ce seulement vrai? Les citoyens et les réseaux sociaux réagissent, et le site en anglais Gawker vient de publier une satire mordante de ce battage médiatique accompagnée d’images parodiant la “rage musulmane”:

 
Sept infos sur la “rage musulmane” que vous ignoriez peut-être:

Comme tout le monde, la majorité des musulmans trouvent les 13 minutes de la vidéo islamophobe "L’Innocence des musulmans" ordurières et insultantes. Les protestations, qui se sont multipliées rapidement, sont notamment attisées par le néo-colonialisme des États-Unis et la politique étrangère occidentale au Moyen-Orient. De même, la sensibilité des croyants a aussi été piquée au vif par les représentations du Prophète Mahomet. Pourtant, la couverture médiatique a souvent éludé des informations importantes:

  1. On estime que 0,001% à 0,007% des 1,5 milliard de musulmans dans le monde ont participé aux protestations contre le film -– soit une infime proportion des citoyens pro-démocratie qui ont défilé lors du Printemps arabe.
  2. La grande majorité des manifestants étaient pacifiques. Les attaques visant les ambassades étrangères ont quasiment toutes été orchestrées ou appuyées par certains membres du mouvement salafiste, un groupe islamiste radical qui vise avant tout à salir la réputation de groupes islamistes modérés plus populaires.
  3. Les hauts représentants des États-Unis et de la Libye sont divisés sur la question de savoir si l’on avait projeté d’assassiner l’ambassadeur américain en Libye le jour du 11 septembre, auquel cas sa mort serait sans lien avec le film.
  4. Hormis des attaques de groupes radicaux en Libye et en Afghanistan, un rapport établi le 20 septembre chiffrait à zéro le nombre de victimes tuées par les manifestants.
  5. Quasiment tous les hauts dirigeants musulmans et occidentaux ont condamné le film, et quasiment tous les responsables musulmans et occidentaux ont condamné les violences perpétrées en réaction au film.
  6. La visite du Pape au Liban a coïncidé avec le pic des tensions. Cependant, les dirigeants du parti Hezbollah ont tenu à assister à son sermon, n’ont pas protesté contre la vidéo jusqu’à son départ et ont appelé à la tolérance religieuse. Oui, c’est bien ce qui s’est passé.
  7. Après l’attaque de l’ambassade américaine à Benghazi, des citoyens lambda se sont rendus dans les rues de Benghazi et Tripoli, avec des pancartes, souvent en anglais, pour s’excuser et dire que cette violence ne représente ni leur identité ni leur religion.
    Ajoutez à cela tous les reportages et articles importants qui ont été écartés la semaine dernière pour laisser place à la Une sur les musulmans “énervés”, et ainsi surfer sur la vague démagogue du "choc des civilisations". En Russie, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé dans les rues de Moscou en opposition au président Vladimir Poutine. Des centaines de milliers de Portugais et d’Espagnols se sont indignés lors de rassemblements anti-austérité; et plus d’un million de Catalans ont manifesté en faveur de l’indépendance.

Pas une "rage musulmane", mais une stratégie salafiste

"L’Innocence des musulmans" a été repris et promu avec des sous-titres par des salafistes extrémistes — les adeptes radicaux d’un mouvement islamique soutenu depuis longtemps par l’Arabie Saoudite. Ce film était mal fagoté et faisait un bide sur YouTube, jusqu’à ce que le présentateur égyptien d’une chaîne salafiste, Sheikh Khaled Abdullah (à droite), n’en fasse la promotion auprès des téléspectateurs le 8 septembre. La plupart des musulmans insultés ont ignoré le film ou protesté pacifiquement, contrairement aux salafistes qui, reconnaissables à leur fameux drapeau noir, ont été à l’instigation des manifestations les plus agressives où les ambassades ont attaquées. Les chefs du parti salafiste égyptien ont participé aux protestations et à l’intrusion dans l’ambassade américaine au Caire.

À l’instar des partis d’extrême droite en Europe et outre-Atlantique, la stratégie du parti salafiste consiste à séduire l’opinion publique en surfant sur des occasions de faire monter la colère des radicaux et en diabolisant leurs opposants idéologiques. Cette approche n’est pas sans rappeler celle du pasteur américain islamophobe Terry Jones (celui-là même qui a assuré la promotion du film en Occident) et d’autres extrémistes occidentaux. Quoiqu’il en soit, les modérés sont bien plus nombreux (et de loin!) que les extrémistes dans les sociétés musulmane et occidentale. Un des dirigeants des Frères Musulmans en Égypte (bien plus puissants et populaires que leurs opposants salafistes égyptiens) a écrit au New York Times: "Nous n’avons pas tenu le gouvernement ou le peuple américain pour responsables des actes de cas isolés qui ont enfreint les lois protégeant la liberté d’expression".

Ce qu’ont indiqué les médias sérieux

Plusieurs journalistes et chercheurs ont analysé les manifestations pour chercher à mieux en comprendre les raisons. Parmi eux figurent Hisham Matar qui a décrit l’atmosphère de tristesse à Benghazi après l’attentat contre l’ambassadeur, Barnaby Phillips qui explore comment les conservateurs islamistes ont manipulé le film à leur avantage, ou encore Cédric Baylocq, chercheur et journaliste indépendant, qui s’attache à démonter les généralisations et stéréotypes qui sévissent en Occident et dans le soi-disant "monde musulman" . Quant à Odon Vallet, spécialiste français des religions, il explore les raisons pour lesquelles de nombreux musulmans sont si sensibles aux caricatures de l’Islam.

Par l’équipe d’Avaaz

Algérie : Abdelmalek Sellal, un Premier ministre technocrate

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Le président algérien Abdelaziz Bouteflika vient de nommer l’ancien ministre des Ressources en eau, Abdelmalek Sellal, comme nouveau Premier ministre, en remplacement de Ahmed Ouyahia, près de quatre mois après les élections législatives du 10 mai.

Abdelmalek Sellal

La nomination de M. Sellal, connu pour un technocrate qui n’appartient à aucun parti politique, a soulevé la question : Sera- t-il en mesure d’apporter un changement tant aspiré dans ce pays d’Afrique du Nord.

MAINTIEN DU STATU QUO DANS L’ATTENTE DE LA PRÉSIDENTIELLE 2014

Dans son allocution après la cérémonie de passation du pouvoir, M. Sellal a clairement déclaré que la continuité de l’exécution du programme de réformes du président Abdelaziz Bouteflika serait la priorité de son cabinet.

"Nous avons effectivement du pain sur la planche mais notre objectif principal est la poursuite de la mise en œuvre du programme du président de la République sur le terrain", a souligné M. Sellal.

Pour Hakim Siadi, un analyste politique, la poursuite de la mise en œuvre du programme du président équivaut au maintien du statu quo.

"Je ne crois pas que le gouvernement Sellal serait en mesure d’apporter un changement au statut quo que connaît l’Algérie. M. Sellal a dit qu’il continuera l’exécution du programme du président, ce qui signifie qu’il n’y aura pas de changement sur la méthode du travail de son cabinet par rapport à celui d’Ouyahia", a fait remarquer à Xinhua M. Siadi, un analyste politique.

"Finalement, la majorité des ministres du gouvernement précédent ont été maintenus dans leurs postes, ce qui signifie qu’ il s’agit plutôt d’un gouvernement de transition avec une durée de vie de 18 mois, dont la mission principale est l’organisation des prochaines élections présidentielles prévues en 2014", a-t-il poursuivi.

ALTERNANCE PACIFIQUE DU POUVOIR

"Ce remaniement partiel, qui a introduit un certain nombre de ministres technocrates, s’inscris dans l’alternance pacifique du pouvoir", a déclaré à Xinhua l’analyste politique Mhand Berkok.

Le nouveau cabinet comprend plusieurs ministres technocrates, dont l’économiste Bachir Messaïtfa, secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre, chargé de la Prospective et des Statistiques.

"Il (M. Sellal) est un technocrate, jouissant d’une longue expérience en matière de gestion locale et nationale (…) Je pense qu’il a le profil d’un homme de consensus, et il a une vision d’un Etat efficace et raisonnable", a déclaré Berkok.

M. Berkok a ajouté que ce remaniement "vise à maintenir, d’une part, l’exécution du programme du développement du Président, et d’ une autre part à la poursuite du processus des réformes politiques dans le but de créer un environnement approprié pour la révision de la Constitution et éventuellement approfondir le processus de la démocratie dans le pays".

UN HOMME DE DIALOGUE

Un des principaux défis pour le nouveau gouvernement consiste à apaiser l’effervescence sociale qui émerge à chaque septembre, où commence le retour à l’activité dans les différents secteurs après la pause estivale.

Récemment, contre toute attente, les gardes communaux (police du village) venant des quatre coins du pays ont monté une marche sans précédent depuis la province de Blida en direction d’Alger pour réclamer une indemnisation pour leur combat à long terme contre le terrorisme.Toutes ces revendications restent à être traitées par le cabinet de M. Sellal.

"Je crois que les revendications sociales en Algérie sont exagérées. Il y’a une tendance d’avidité dans les revendications des syndicats protestataires, surtout que l’Etat a fait clairement preuve d’une disposition à dépenser de l’argent pour calmer ces réclamations, à travers la méthode de l’achat de la paix sociale, plutôt que d’opter pour le règlement définitive de ces problèmes, chose qui demande du temps et de la patience. En un mot, je dirais que Sellal va continuer dans cette logique, tout comme son prédécesseur, d’ailleurs", a estimé M. Siadi.

A cet égard, M. Berkok a jugé que "si on regard attentivement l’allocution que Sellal a fait lors de son installation, on remarquera qu’il a plaidé pour le consensus et le dialogue, pour effectivement sauvegarder la stabilité sociale et politique, tout en prenant en considération de telles revendications".

PAS DE CHANGEMENTS DANS L’ECONOMIE

Après sa prise de fonctions, M. Sellal a affirmé qu’il allait essayer de donner une nouvelle vie à l’économie, car la revitalisation de l’économie nationale constitue un autre défi majeur du cabinet.

Certains observateurs souhaitent que le nouveau Premier ministre puisse assouplir les lois établies par son prédécesseur, Ahmed Ouyahia, en termes d’investissements étrangers, notamment pour ce qui est la règle 49-51, en plus des restrictions sur le transfert de devises à l’étranger.

Toutefois, Hamid Rouaba, un spécialiste en économie, a estimé que M. Sellal n’apporterait aucun changement dans le domaine de l’économie.

"La mission principale de Sellal n’est pas d’apporter un changement à quoi que ce soit dans l’économie. Son principal objectif c’est de préparer les prochaines échéances électorales. Son cabinet est d’ordre administratif. Je ne prévois donc aucun changement en termes de la politique du pays sur le plan de l’économie et d’investissement. Il a déclaré lors de son installation que son objectif était l’organisation des élections et la révision de la Constitution", a expliqué M. Rouaba.

Abdelmalek Sellal, 64 ans, connu pour "main droite" du président, assume successivement les postes de ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, ministre de la Jeunesse et des Sports, ministre des Travaux publics, ministre des Transports, et enfin ministre des Ressources en eau, avant d’être nommé Premier ministre. Il a également pris en charge, à deux reprises, les campagnes électorales d’Abdelaziz Bouteflika pour les présidentielles de 2004 et 2009.

Alger: L’avant-première du film “Zabana!” le 30 Août

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L’avant-première mondiale du tant attendu “Zabana !”, le biopic retraçant le parcours héroïque du martyr éponyme est prévue pour le 30 août prochain à Alger, plus précisément à la salle El Mouggar à 19h.

Algérie : Changer le système politique et après…

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Par Youcef Benzatat

Tant que la religion continue à garantir au pouvoir la domination de la société à peu de frais, toute sa stratégie politique sera orientée vers sa promotion en multipliant les investissements apologétiques et la répression de sa critique.

On voit comment aujourd’hui les « révolutions » tunisiennes et égyptiennes sont en train de se transformer en inquisition. Les salafistes ainsi que les pouvoirs islamistes dits « modérés », sortis vainqueurs du bras de fer, qui a opposé les populations de ces pays aux systèmes autoritaires et totalitaires déchus, ont transformé cette victoire en cauchemar pour leurs peuples : persécution des artistes, des femmes, des journalistes, des non-jeûneurs et répression de toute manifestation d’expression libre qui viendrait contrarier leur idéologie obscurantiste et moyenâgeuse, qui est aussi totalitaire et aussi liberticide que le système politique que la « révolution » prétendit changer.

Le pouvoir algérien, qui a combattu cette idéologie avec force durant les années de sang, a su s’approprier cette idéologie populaire, par sa captation pour en faire un rempart contre les convoitises des islamistes eux-mêmes et les aspirations des forces démocratiques qui lui contestent son système totalitaire et autoritaire hégémonique. Il n’a pas hésité, par un calcul stratégique, à renforcer son système répressif et son aura politique par l’exploitation de la contradiction de cette idéologie liberticide et mobilisatrice à la fois. Combattre l’ennemi avec ses propres armes, concernant  les islamistes, et priver les démocrates laïcs du soutien populaire, en maintenant la société dans une conscience pré politique, par son aliénation dans cette idéologie religieuse, qui est par essence anti démocratique. Hormis les démocrates laïcs, les intérêts des uns et des autres consistent à maintenir la population dans une conscience pré politique, que cette idéologie d’un autre âge permettait, pour rendre plus facile leur domination. Ainsi, la législation fut renforcée en apports répressifs à l’occasion des réformes entreprises unilatéralement par le pouvoir dans la foulée des révolutions arabes, contre les demandes pour l’émancipation de l’emprise religieuse. Ajouter à cela, l’attitude laxiste des pouvoirs publics devant la répression des comportements que la législation n’a pas pu réprimer, tel, la persécution des non-jeûneurs, des femmes isolées et généralement de toute forme de critique de la religion. Les médias publics et privés, acquis au système, devinrent des outils de propagande de cette idéologie liberticide, par des « prêches » apologétiques au profit de cette idéologie. La construction de l’une des plus grandes mosquées au monde au prix de l’équivalent de près d’un millier de centres médicaux équipés aux normes internationales, dont la population souffre cruellement de leurs déficits. Pire encore, des criminels de cette mouvance islamiste, qui a semé mort et destruction durant les années de sang, ont été blanchis et réinjectés dans les circuits politiques, économiques, ainsi que dans le domaine de l’Éducation nationale pour renforcer l’apologie de cette idéologie. Une idéologie qui est devenue un instrument de domination pour tous les prétendants à la domination des sociétés islamisées, aussi bien les islamistes, les nationalistes, dont le discours est fortement influencé par cette idéologie religieuse, que les puissances internationales intéressées, y compris les théocraties du Golfe.

Prétendre aujourd’hui changer de système politique pour en finir avec le statu quo, propre au système totalitaire et autoritaire, et instaurer un régime démocratique, sans problématiser cette contradiction, passe plutôt pour de la mauvaise foi ! tout au plus, et dans le meilleur des cas, cela peut s’apparenter à une illusion naïve et inconséquente.

Car, il serait vain pour tout militant engagé dans le projet d’instauration d’un régime politique démocratique, de continuer de militer dans une attitude autiste, à vouloir changer l’organisation politique pour en finir avec le statu quo, sans problématiser la place de la religion dans la société et de son rapport au politique. Car la religion est le principal bailleur des préjugés culturels qui viennent alimenter l’inertie engendrée par le statu quo qu’elle induit. Dans ce cas, dissocier la religion du politique, c’est en finir avec la culture des préjugés, qui viendrait donner tout son sens à un éventuel changement du système politique.

Cette expérience avait déjà été tentée à la fin du XIXe siècle, que l’on a baptisé Nahda,  où les élites musulmanes avaient entrepris des réformes de la société, qui se sont soldées par un échec général, parce que justement, elle a été confrontée à la problématique du rapport du politique et du religieux dans les mêmes termes et qu’elle n’a pas su résoudre. À cette époque, cette expérience était plutôt inévitablement subie que délibérément choisie, car, tellement la pression de la modernité  était exercée directement à travers la pénétration coloniale. Aujourd’hui, c’est par la base que s’exprime la demande du changement, dans une rébellion populaire radicale et sans précédent dans l’histoire du monde arabo musulman. Cette base populaire et à majorité jeune, en ayant déjà intériorisé le multiculturalisme dans une confrontation indirecte, à travers son expérience des NTIC ( nouvelles technologies de l’information et de la communication), saura-t-elle donner une issue plus significative à cette transition ? Que celle de ses aînés, qui semble s’annoncer très compliquée a priori, tellement la société est conservatrice, et de plus, elle est confrontée à une contre-révolution mondialisée et efficacement organisée.

Il appartient aux élites, aux intellectuels, aux journalistes et généralement à tous ceux qui sont engagés dans un véritable projet démocratique de faire preuve d’œuvre pédagogique. Faire passer la société, d’une représentation de soi sous forme d’une ghettoïsation culturelle, où c’est la valorisation de la culture traditionnelle basée sur la religion qui garantit apparemment l’autarcie des individus et du groupe comme incarnation du consensus national, comme jugements sociaux et communautaires validés par ce consensus, vers une nouvelle forme d’identité ouverte à une acculturation indéfinie, dont les limites ne sont ni déterminées, ni déterminables. Une condition essentielle pour permettre à l’organisation politique de la société de se recréer indéfiniment, en considérant la culture comme étant le lieu où l’institution politique est le modèle de la culture elle-même.

En somme, il s’agit de faire front contre ce qui fait consensus autour de cette ghettoïsation de la culture, qui n’est en fin de compte qu’un ensemble de préjugés autour desquels est structuré ce consensus dans la société. Parce que dans sa ghettoïsation la culture prétend à une existence légitime, quelque soit ce qu’elle affirme comme principe de vie et cette prétention à la légitimité est liée principalement à une neutralisation du jugement.

Cette ghettoïsation de la culture s’appuie sur une conception du multiculturalisme, qui se contente d’enregistrer la pluralité des morales, la pluralité des systèmes juridiques et la pluralité des systèmes politiques associés aux diverses cultures, et se contente d’inviter à la compréhension des autres cultures comme si leur pure et simple existence serait justifiée d’elle-même. Ces rapports ont été décrits par Karl Marx dans sa critique de la société comme la luxuriance naturelle, c’est-à-dire tout ce qui était irrationnel et qui s’imposait sans avoir à se justifier. C’était comme si ce fût la nature qui se déployait à profusion de façon non régulable, au même titre que la posture de ces cultures. Elles sont là, et se justifient d’elles-mêmes. Elles sont réduites à des productions et à des expressions des manifestations objectives de la nature.

Dans ce contexte, l’expérimentation mutuelle aveugle des cultures a produit les catastrophes  mondiales qu’a connues l’histoire récente de l’humanité, et a fait plus que de déclencher des guerres, puisqu’elle a mis en péril ces cultures elles-mêmes, en leur substituant des pratiques barbares : la colonisation et le nationalisme allemand avec les lieux de concentration où l’on brûle et l’on enfume des êtres humains, les viols dans la guerre de dissolution de l’ex-Yougoslavie, dans les guerres inter ethniques en Afrique, le racisme aux États-Unis et tout près de nous, la barbarie qui s’est abattue en Algérie durant la dernière décennie, dans un affrontement généralisé de tous contre tous, où il était considéré comme ennemi, tout ce qui ne faisait pas partie de la minorité à laquelle on se sentait solidaire. Toutes ces manifestations sont des signes du caractère aveugle de l’expérimentation culturelle.

Dans ces conditions il importe de discerner les côtés positifs et négatifs d’une culture. Le côté positif de ces cultures, c’est l’enregistrement dans les habitudes de pensée et d’action de groupes humains d’un acquis irréversible des formes d’humanité, et donc  de stabilisation. Les cultures apparaissent dans ce cas comme des facteurs de stabilisation des conditions nécessaires à la vie en commun. D’un autre côté, il faut discerner l’aspect par lequel les cultures gardent des habitudes consensuelles, des habitudes ethniques, des habitudes locales et des habitudes nationales de pensée et d’action qui empêchent tout rapport humain, et qui neutralisent d’avance tout dialogue interculturel. Car, chaque culture a ses préjugés qui permettent de diagnostiquer et de stigmatiser l’autre, comme autre, et comme étant barbare, n’appartenant pas à notre culture, et, donc, comme étant barbare sous tel et tel aspect dans cette condition de barbarie.

Le dialogue interculturel se révèle une nécessité. Il s’avère indispensable pour pallier à tout ce qui est créé d’insupportable et inédit dans cette expérimentation aveugle des cultures les unes par rapport aux autres. Il s’avère aussi comme une nécessité de mise à l’épreuve de la capacité de chaque culture à se proposer comme une forme de vie assumable par tout ce qui y participe. Il se révèle nécessaire aussi, dans la mesure où, ce sont des ensembles de préjugés qui se confrontent et s’entrechoquent. Il faut pouvoir les juger, soit comme des conditions de vie, soit comme des barrières qui empêchent de vivre en commun deux cultures qui existent...Lire la suite de l’article sur Mediapart