Ouverture de la sixième édition du Festival d’Oran du film arabe (FOFA)

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La sixième édition du Festival d’Oran du film arabe (FOFA) a été officiellement inauguré aujourd’hui au centre des conventions d’Oran (CCO) en la présence de plusieurs personnalités de la sphère culturelle et cinématographique national et international ainsi que la présence du Wali d’Oran et d’autres personnalités politique, le festival se tiendra du 15 au 22 décembre 2012.

Cette manifestation qui s’inscrit dans le programme de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance nationale, comportera outre des ateliers et des expositions, des conférences s’articulant autour du « cinéma algérien à après 50 ans d’indépendance ».

Une quinzaine de pays arabes ont officiellement confirmé leur participation dont le Liban, le Maroc, la Tunisie et l’Egypte.

La 5ème édition de ce festival a vu la consécration du film libanais « Hala Lawin » réalisé par Nadine Labaki Mouznar, qui a décroché le prix « Lion d’or » du meilleur long-métrage, alors que le film « Vie courte » du réalisateur marocain s’est adjugé le prix du meilleur court-métrage.

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Situation des droits de l’homme en Algérie: Le constat alarmant de la Laddh

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Célébrant, hier à Alger, le 60e anniversaire de la proclamation de la déclaration universelle des droits de l’Homme, la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (Laddh) a présenté un tableau peu reluisant de la situation de ces droits en Algérie.

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Les invités de la ligue, qui ont, tour à tour, traité du respect de cette déclaration et des différentes conventions y afférentes ratifiées pourtant par l’Algérie, ont tous abondé dans le même sens, à savoir la situation est plus qu’alarmante et nécessite un engagement de tout un chacun pour imposer un vrai respect de cette déclaration sous toutes ses formes.
Me Benissad, président de la Laddh, a estimé dans son intervention que la situation prête “à l’optimisme”. Cet optimisme se situe, selon lui, dans les acquis arrachés, mais cela reste, a-t-il regretté, insuffisant, car le pessimisme qui règne chez les militants est d’autant plus accentué par l’atteinte massive aux droits fondamentaux de l’homme et pour ainsi dire à la dignité  humaine. Il cite comme exemple la difficulté d’accès au travail, au logement, à l’enseignement des langues maternelles, le gel des libertés publiques et individuelles, celles liées au droit à la manifestation, au rassemblement… L’ex-député, Ali Brahimi, qui a traité du droit de vote et du respect du choix politique du citoyen, a indiqué que le régime électoral algérien est un appui à la fraude.
Il cite comme exemple le mode de scrutin de 1991, qui a permis une victoire à une minorité. Ce mode de scrutin proportionnel à deux tours, a-t-il expliqué, a aidé les islamistes à s’emparer de la majorité malgré le score réalisé, avec moins de 35% du suffrage. “Le mode de scrutin algérien est une approche formelle aux standards universels”, a-t-il ajouté.
De son côté, Me Abderahmane Arar, avocat au barreau d’Alger et militant, a traité du projet de loi portant profession d’avocat.
Pour lui, le projet de loi vise à attenter au droit de la défense. “Le droit de la défense n’est pas celui des avocats, mais celui des citoyens”, a-t-il précisé. Cette loi fera de l’avocat, a indiqué Me Arar, “un simple commis de la justice”.
Par ailleurs, il a évoqué le droit de perquisition du bureau et du domicile de l’avocat. Ce qui, a-t-il souligné, est contraire aux lois universelles.
De son côté, Krimou Madi a traité des droits des handicapés et a appelé à œuvrer dans le sens de la facilitation de l’intégration de cette catégorie selon, a-t-il indiqué, les compétences, en dehors de tout autre cadre social et de solidarité.

Par : Mohamed Mouloudj/LIBERTE

Marrakech ouvre sur une ovation pour Isabelle Huppert, avant le cinéma indien

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L’actrice française Isabelle Huppert a été vivement applaudie vendredi soir en ouverture de la 12e édition du Festival international du film de Marrakech (FIFM), dans le sud du Maroc, où un hommage sera tout particulièrement rendu cette année au cinéma indien.

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« Nous sommes heureux d’accueillir Isabelle Huppert, qui a marqué le cinéma français », ont clamé les organisateurs de ce festival avant d’inviter l’artiste à se présenter devant le public marocain, qui l’a vivement applaudie.

« Ma vraie récompense, c’est d’aller à la rencontre du public marocain », a commenté Isabelle Huppert.

La 12e édition du festival (30 novembre-8 décembre), présidée par le réalisateur britannique John Boorman, rendra un hommage particulier au cinéma indien, très populaire au Maroc.

Shah Rukh Khan, la grande star de Bollywood, sera présente samedi soir pour la projection de l’un de ses films sur la célèbre place Jamâa El Fna, inscrite par l’Unesco en 2001 en tant que patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Haut lieu du tourisme marocain, cette place a été le théâtre, le 28 avril 2011, d’un attentat à la bombe qui a fait 17 morts.

En attendant cette projection, des dizaines de personnes se sont rassemblées vendredi soir, sous une pluie battante, devant le Palais des congrès, où se déroulait la cérémonie d’ouverture, pour applaudir les vedettes présentes.

La Canadienne Marie-Josée Croze, l’Américain James Gray, le Marocain Jillali Ferhati ou encore le Français Lambert Wilson composent le jury qui va récompenser l’un des quinze longs métrages en compétition, parmi lesquels Touch of the Light (du Taïwanais Chang Jung-Chi), présenté en ouverture, L’Attentat, un film franco-belge de Ziad Doueiri, Jours de pêche en Patagonie de l’Argentin Carlos Sorin et Comme un lion, du Français Samuel Collardey.

Au Maroc, les films égyptiens et indiens sont les plus regardés, via notamment les nombreuses chaînes satellitaires qui les diffusent en boucle, suivis des films américains.

AFP

 

Palestine à l’ONU: «Un signal de la communauté internationale vers le peuple palestinien »

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Jean Asselborn: « Israël doit cesser la colonisation »

Vice-premier ministre et ministre des  Affaires étrangères du Luxembourg, pays membre du Conseil de sécurité de l’ONU, Jean Asselborn soutient la démarche palestinienne d’obtenir un statut d’Etat non membre à l’ONU. « Cela ne résoudra pas tout. Mais ce sera un signal de la communauté internationale vers le peuple palestinien », affirme-t-il.

Quelle 
sera l’attitude des pays européens lors de l’assemblée générale 
de l’ONU, jeudi ?

Jean Asselborn. Il y aura une large majorité à l’assemblée générale de l’ONU pour soutenir la demande du président de l’Autorité palestinienne. Mais les Palestiniens insistent pour obtenir l’approbation de beaucoup d’États européens. Lundi dernier, nous avons fait un tour de table européen. Nous voulions éviter ce qui s’était produit lors du vote pour l’adhésion à l’Unesco où il y a eu un tiers de oui, un tiers de non et un tiers d’abstention, ce qui n’était pas unemarque d’unité de la politique étrangère européenne. En fin de compte, il devrait y avoir une petite dizaine d’États qui diront oui et j’espère que les autres, dans leur majorité, s’abstiendront.

Qu’est-ce qui empêche 
une position commune 
de l’Europe ?

Jean Asselborn. C’est le poids de l’histoire. C’est en tout cas ce qu’expliquent certains pays, comme l’Allemagne. Mais Berlin ne devrait pas identifier les intérêts du peuple israélien et ceux du gouvernement Netanyahou. Tous les États européens devraient pousser ce gouvernement israélien vers une autre politique. La résolution présentée à l’ONU met sur un pied d’égalité les Palestiniens et le Vatican, avec un statut d’État non membre ! Cela ne résoudra pas tout. Mais ce sera un signal de la communauté internationale vers le peuple palestinien. Je considère qu’il faut rester en phase avec le discours fondamental de l’Union européenne sur les droits de l’homme.On ne peut pas, par exemple, critiquer les conditions à Cuba et accepter les conditions de vie faites aux Palestiniens. C’est un double langage. Il faut défendre les droits de l’homme partout, et surtout dans les territoires palestiniens. Depuis que le gouvernement israélien est dirigé par Benyamin Netanyahou, une solution négociée est devenue impossible. La politique de colonisation est une provocation permanente. Je comprends que les Palestiniens refusent de négocier dans ces conditions. Si cela se poursuit, une solution à deux États sera impossible. La création d’un État palestinien ne serait pas un cadeau pour les Palestiniens. Ce serait la condition sine qua non pour qu’Israël puisse vivre durablement en paix et en sécurité. Or, que fait l’Union européenne ? Elle rehausse le statut d’Israël.

L’Union européenne 
n’a-t-elle pas les moyens de faire pression sur Israël, notamment avec l’accord d’association ?

Jean Asselborn. Le moyen le plus simple est d’interdire à Israël de poursuivre sa politique de colonisation, seul moyen de reprendre les négociations. Mais ça ne se fera pas avant les élections israéliennes du mois de janvier. À la fin de l’année 2008, alors que la France présidait l’Union européenne (UE), juste avant l’opération « Plomb durci » contre Gaza, on avait accepté de rehausser le statut d’Israël avec l’UE. Tout le monde était d’accord, en pensant avoir une influence plus importante. Va arriver le moment où l’UE sera forcée de considérer les moyens de pression qu’elle a en mains. Mais avec cette génération d’hommes politiques, il n’y aura jamais unanimité sur cette question. Il y a le poids de l’histoire d’un côté et l’influence des États-Unis sur les positions européennes. Il y a des pays qui veulent aller de l’avant, comme la Grande-Bretagne, mais les relations transatlantiques jouent un rôle dans leur positionnement. La France a maintenant une position claire. Si la Grande-Bretagne prend position pour le oui, cela pourrait aider à faire bouger l’Allemagne. Mais elle n’est pas encore prête à faire ce pas. Si on n’est même pas prêt à avoir une position commune sur une telle résolution, on n’arrivera jamais à avoir une position commune en ce qui concerne les moyens de pression dont nous disposons au niveau de l’accord d’association.

Entretien réalisé par 
Pierre Barbancey/ 

Etat palestinien à l’ONU : une demande légitime mais…

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Le gouvernement belge votera en faveur du statut d’Etat observateur non-membre de la Palestine. Face à l’impasse du processus de paix et à la poursuite de la colonisation, l‘initiative de Mahmoud Abbas est compréhensible. Même si elle va pourrir un peu plus les relations avec Israël dans un premier temps.

 

 

 

 

 

 

Le président palestinien Mahmoud Abbas. © Image Globe

Ce soir, la Palestine accédera au rang d’ « Etat observateur non-membre » de l’Organisation des Nations unies. Cette reconnaissance incomplète d’un Etat palestinien est permise par le fait que ce statut partagé par le seul Vatican ne requiert pas l’aval du Conseil de sécurité où le veto des Etats-Unis le bloquerait mais est décerné par l’Assemblée générale où une majorité d’Etats s’y montre favorable.

Les opposants à cette initiative essentiellement symbolique de Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne (l’institution qui représente officiellement les Palestiniens mais qui, de facto, ne contrôle que la Cisjordanie et a dû abandonner le pouvoir dans la Bande de Gaza au mouvement islamiste Hamas), arguent que la reconnaissance d’un Etat palestinien, ou toute étape en ce sens, ne peut être envisagée sans accord de paix préalable. Cette position défendue au premier chef par les Etats-Unis est pertinente dans l’absolu : tout acte unilatéral handicape le processus de paix. Elle ne résiste cependant pas à l’évolution des relations entre Israël et l’Autorité palestinienne. Car, en termes de politique unilatérale pourtant proscrite par les accords de paix d’Oslo de 1993, Israël n’a pas été en reste. Depuis cette date et sous tous les gouvernements de droite et de gauche, la colonisation n’a jamais connu de répit en Cisjordanie : de 110 000 en 1993, le nombre de colons a grimpé à quelque 310 000 aujourd’hui. Au point que Barack Obama, qui en avait fait un préalable à la reprise des négociations de paix au début de son premier mandat, a dû lamentablement y renoncer.

Dans ces conditions et devant l’impasse dans laquelle est plongé le processus de paix depuis septembre 2010 voire au-delà, la réaction des Palestiniens est compréhensible et légitime. Comment leur reprocher de vouloir réveiller les consciences face à un conflit qui, comme le titrait début octobre (avant la poussée de fièvre entre Hamas et Israël à Gaza) une chronique d’Alain Frachon dans le quotidien Le Monde, « a disparu » de la « une » des médias et surtout des préoccupations des dirigeants des grandes puissances ? Un conflit « relégué au rang d’affaire secondaire, subalterne, pour ne pas dire réglée ». Pour les Palestiniens, ce statu quo délétère est d’autant plus douloureusement ressenti que les « printemps arabes », malgré les incertitudes qu’ils soulèvent, ont démontré qu’un changement était possible dans la région. L’initiative de Mahmoud Abbas n’est pas sans risque. Israël et les Etats-Unis ont clairement menacé les Palestiniens de mesures de rétorsion : des coupes dans les subventions et aides dues ou octroyées à l’Autorité palestinienne.

Il y a quarante ans, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) recourait au terrorisme pour faire entendre ses revendications. Aujourd’hui, l’Autorité palestinienne choisit le cénacle des Nations unies pour rappeler l’urgence d’un règlement de ce trop vieux conflit. C’est hautement préférable même si l’attitude des Palestiniens, par leurs divisions internes, par le radicalisme des uns (le Hamas et les groupes islamistes) et le manque de réalisme des autres (sur le droit de retour des réfugiés, par ex.), est aussi éminemment critiquable.
C’est sans doute en pesant soigneusement le pour et le contre que la Belgique s’est décidée, jeudi matin, à voter en faveur du statut d’Etat observateur non-membre de la Palestine à l’ONU.

L’accouchement apparemment un peu douloureux de cette décision ne s’explique pas seulement par la volonté affichée et rappelée ce matin par le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) de forger un consensus au niveau de l’Union européenne. Des dissensions entre une frange naturellement plus pro-palestinienne du gouvernement (PS-SP.A) et une autre plus sensible aux arguments d’Israël (Open VLD-MR) ont sans doute retardé un peu la prise de position. Elles justifient aussi l’appel à une reprise des négociations sans condition que lancera l’ambassadeur de Belgique à l’Onu au moment du vote. Une perspective qui, malgré l’engagement similaire de Mahmoud Abbas, a peu de chance de se concrétiser à court terme. L’histoire dira si le coup d’éclat de ce jeudi l’a facilitée à moyen terme.

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« COLONNES DE NUÉES » / Pourquoi une nouvelle guerre contre Gaza ?

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À nouveau Israël attaque Gaza et les médias internationaux relaient des images de désolation. Cependant la sidération que provoque l’horreur quotidienne de cette nouvelle guerre ne doit pas nous empêcher de l’analyser et d’en comprendre les objectifs. Thierry Meyssan répond à cette question.

Le 14 novembre 2012, les Forces armées israéliennes ont lancé l’opération « Colonne de Nuées » contre les installations administratives et militaires du Hamas dans la Bande de Gaza. Dès le premier jour, elles ont assassiné Ahmed Jaabari, numéro 2 de la branche armée de l’organisation palestinienne. Elles auraient également détruit des rampes de lancement souterraines de missiles sol-sol Fajr 5.

« Colonnes de Nuées » a rapidement pris une grande ampleur, l’aviation israélienne multipliant les bombardements. L’état-major israélien a procédé au rappel de 30 000 réservistes, rapidement étendu à 75 000 hommes au risque de désorganiser l’économie. De la sorte, Israël se met en capacité d’envahir la Bande de Gaza avec des troupes au sol.

Cette situation appelle plusieurs explications.

Pourquoi maintenant ?

Tel-Aviv prend l’initiative alors que le pouvoir à Washington est partiellement vacant. On attend la nomination de nouveaux secrétaires d’État et à la Défense. Possiblement, il s’agirait de l’ambassadrice Susan Rice et du sénateur John Kerry. Cependant, une âpre lutte, par presse interposée, tente de disqualifier Mme Rice. Quoi qu’il en soit, les secrétaires d’État et à la Défense sortants sont affaiblis et leurs successeurs ne sont pas encore nommés.

Identiquement Tel-Aviv avait pris une initiative similaire, l’opération « Plomb durci », lors de la période de transition entre les présidents Bush Jr. et Obama.

Certains commentateurs évoquent aussi la proximité des élections législatives israéliennes et laissent entendre que Benjamin Netanyahu et Avigdor Lieberman cherchent à parfaire leur image de faucons intransigeants.

C’est peu probable. En effet, ils lancent cette attaque sans en connaître à l’avance le résultat. Or, en 2008-2009, l’échec de « Plomb durci » fut fatal au gouvernement d’Ehud Olmert.

Dans quel but ?

Traditionnellement les Forces armées israéliennes adaptent leurs objectifs de guerre aux occasions qui se présentent.

Au minimum, il s’agit d’affaiblir la Résistance palestinienne en détruisant infrastructures et administrations dans la Bande de Gaza, comme cela est fait à intervalles plus ou moins réguliers. Cependant, l’affaiblissement du Hamas sera automatiquement profitable au Fatah en Cisjordanie ; et ce dernier ne manquera pas de pousser un peu plus loin sa revendication de reconnaissance d’un État palestinien par les Nations Unies.

Au maximum, « Colonne de Nuées » peut ouvrir la voie à un vieux plan sioniste : la proclamation de la Jordanie comme État palestinien, le transfert de la population de Gaza (voire aussi de Cisjordanie) en Jordanie, et l’annexion des territoires vidés. Dans ce cas, l’opération militaire ne doit pas viser indistinctement tous les responsables du Hamas, mais uniquement ceux qui sont opposés à l’ancien chef politique de l’organisation, Khaled Mechaal. Ce dernier étant appelé à devenir le premier président d’un État palestinien de Jordanie.

Les troubles en Jordanie sont-ils liés ?

La guerre de Syrie a étouffé l’économie jordanienne. Le Royaume s’est rapidement endetté. Le gouvernement a annoncé le 13 novembre (c’est-à-dire la veille du déclenchement de « Colonne de Nuées ») une hausse des prix de l’énergie allant jusqu’à 11 % pour les transports publics et 53 % pour le gaz domestique. Cette nouvelle a alimenté un mouvement de contestation qui existe à l’état rampant depuis le début de l’année. Immédiatement, environ la moitié des 120 000 professeurs des écoles publiques ont fait grève.

Vendredi 16, plus de 10 000 personnes ont manifesté au cœur d’Amman aux cris de : « La liberté vient de Dieu ! », « Abdallah ton temps est révolu ! », «  Le peuple veut la chute du régime ! ». Le cortège est parti de la mosquée Husseini et était encadré par les Frères musulmans.

Les Frères musulmans, qui ont conclu un accord avec le département d’État US et avec le Conseil de coopération du Golfe, sont déjà au pouvoir au Maroc, en Tunisie, en Libye, en Égypte, et à Gaza. En outre, ils contrôlent la toute nouvelle Coalition nationale syrienne. Ils ambitionnent de gouverner la Jordanie avec ou sans le roi Abdallah II.

Le plus célèbre des Frères musulmans jordanien est Khaled Mechaal, ancien chef de la branche politique du Hamas. Mechaal a vécu en exil de 2001 à 2012 à Damas, sous la protection de l’État syrien. En février 2012, il a soudain accusé le gouvernement de Bachar el-Assad de réprimer son propre peuple et a choisi de déménager au Qatar où l’émir Hamad al-Thani s’est montré particulièrement généreux avec lui.

Les troubles en Syrie sont-ils liés ?

En juin dernier, un accord de paix a été conclu à Genève par les grandes puissances. Toutefois, il a été immédiatement saboté par une faction US qui a organisé des fuites dans la presse à propos de l’implication occidentale dans les événements, forçant ainsi le médiateur Kofi Annan à démissionner. Cette même faction a alors par deux fois tenté d’en finir militairement en organisant deux attaques massives de Damas, le 18 juillet et le 26 septembre. Au vu de ces échecs, l’administration Obama est revenue à l’accord initial et s’est engagée à le mettre en œuvre après l’élection présidentielle et le changement de cabinet.

L’accord prévoit le déploiement d’une Force de paix des Nations Unies, principalement composée de contingents de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC). Cette force aurait pour mission de séparer les belligérants et d’arrêter les jihadistes étrangers introduits en Syrie. En laissant la Russie se réinstaller au Proche-Orient, Washington espère se soulager du fardeau de la sécurité d’Israël. La Russie veillerait à ce que l’État sioniste ne soit plus attaqué et à ce qu’il n’attaque plus personne. Le retrait militaire US du Proche-Orient pourrait donc se poursuivre et Washington retrouverait une marge de manœuvre qu’il a perdue du fait de son tête-à-tête permanent avec Tel-Aviv.

Dans cette perspective, les partisans de l’expansionnisme israélien doivent agir à Gaza, et éventuellement en Jordanie, avant le déploiement russe.

Quels sont les premières conclusions de la guerre en cours ?

La guerre a mis à l’épreuve la défense anti-aérienne israélienne. L’État sioniste a investi plusieurs centaines de millions de dollars dans la création du « Dôme d’acier », un système capable d’intercepter toutes les roquettes et missiles tirés depuis Gaza ou le Sud du Liban.

Ce dispositif est apparu inopérant lorsque le Hezbollah a envoyé un drone survoler la centrale de Dimona ou lorsqu’il a testé des missiles sol-sol Fajr-5.

Durant les trois premiers jours de « Colonne de Nuées », le Hamas et le Jihad islamique ont riposté aux bombardements israéliens par des salves de roquettes et missiles. Le « Dôme d’acier » serait parvenu à intercepter 210 tirs sur un peu plus de 800. Cependant cette statistique ne signifie pas grand chose : le dispositif ne semble capable d’intercepter que des roquettes assez primitives, comme les Qassam, et être inadapté à tout armement un tant soit peu sophistiqué.

Thierry Meyssan  / RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 17 NOVEMBRE 2012.