Algérie : l’affaire du possible dopage des footballeurs fait polémique

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L’affaire des footballeurs algériens, ex-internationaux des années 80, soupçonnant des produits dopants pris à leur insu d’être à l’origine du handicap de leurs enfants, suscite des réactions partagées… Pourquoi le sujet fait-il polémique dans le milieu sportif ? Explications.

 

Quelles ont été les réactions après la médiatisation de l’affaire ?

Certaines voix, parfois contradictoires, se sont élevées pour tempérer les accusations des joueurs. Ali Fergani, ex-capitaine des Verts lors de la Coupe du monde 1982, s’est dans une déclaration à l’AFP, désolidarisé de ses coéquipiers. « Le nombre de joueurs parents d’enfants handicapés est minime comparé au nombre total de joueurs sélectionnés entre 1980 et 1990. » Il dément même la présence de Russes dans l’équipe médicale de la sélection. « Tous les médecins étaient Algériens et nous ne prenions pas de médicaments, à part de la vitamine C ». Rachid Hanifi, président du Comité olympique algérien, à l’époque médecin des Verts, témoigne au contraire qu’il a démissionné quelques mois après l’arrivée de l’entraîneur russe Rogov qui avait fait venir un médecin russe. « Assez rapidement, je n’ai plus eu accès aux dossiers médicaux des joueurs. Je pensais qu’ils faisaient des tests d’évaluation qu’ils ne voulaient pas divulguer. J’ai envoyé un rapport au directeur général du Centre national de médecine du sport et au ministère. On m’a répondu que je devais laisser Rogov travailler avec son médecin. »

Pourquoi le sujet divise-t-il ?

Parce que le dopage est un sujet sensible et soulève d’autres questions. “Par exemple, certains ont clairement peur qu’un scandale vienne entacher la victoire de l’Algérie 2 à 1 contre la RFA en Coupe du monde 1982 (la première fois qu’une équipe africaine bat une équipe européenne)”, souligne un journaliste sportif. Mahieddine Khalef, entraîneur des Verts en 1979, 1980, 1982 et 1985, ne s’en cache pas : “Il faut faire très attention à ce qu’on dit, à ne pas tout mélanger, car je ne voudrais pas que l’on remette en question nos résultats en Coupe du monde et en Coupe d’Afrique !”.

Le dopage existait-il en Algérie à cette époque ?

“Non, assure Rachid Hanifi. Dans les années 1970, 80 et 90, le dopage n’existait pas en Algérie. Tout simplement parce qu’à l’époque, la charge de travail n’était pas très importante. Or, le dopage est apparu à partir du moment où on a demandé au corps de supporter davantage d’efforts. Et aussi, je le dis souvent, parce que l’argent a pollué le système sportif.” Mahieddine Khalef est tout aussi catégorique. “Le dopage existait dans les ex-pays de l’Est, oui, mais pas en Algérie. Tout était strictement contrôlé par le Centre national de médecine du sport.” En off, les médecins du sport assurent que les produits dopants circulaient déjà dans plusieurs disciplines. A cette époque en tout cas, l’Algérie faisait venir des entraîneurs de l’ex bloc de l’Est, déjà connu pour pratiquer l’auto-transfusion et utiliser les anabolisants. “A la fin des années 1970, inquiet par l’ampleur que prenait la prise de produits dopants, un entraîneur d’athlétisme a remis un rapport au ministère de la Jeunesse et des Sports pour l’alerter, précise même un ancien champion d’athlétisme. Non seulement son rapport n’a pas connu de suite mais il a été blâmé. Quant à moi, je peux vous assurer qu’on a tous été des rats de laboratoire… »

Sera-t-il possible de prouver que les footballeurs algériens ont bien été dopés ?

Il semble que non. L’entraîneur Rogov est décédé. S’il est toujours possible de retrouver la trace du médecin russe mentionné par Kaci Saïd, Sacha Tabarchouk, rien ne permet de le mettre en cause. Quand même bien les dossiers médicaux de l’époque pourraient être retrouvés, l’utilisation de dopants n’y est sans doute pas reportée. Enfin, “Personne ne peut faire aujourd’hui le lien entre des produits dopants et les effets sur la progéniture de ceux qui les ont pris”, précise Rachid Hanifi. Pour l’instant, ni la Fédération algérienne de football, ni le ministère de la Jeunesse et des Sports n’ont réagi.

Pour en savoir plus

Lire l’interview de Jean-Pierre de Mondenard « Dopage : des effets sur le descendance » sur Europe 1

Par Mélanie Matarese le 18 novembre 2011 12h29 / Le Figaro

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