L’IRB (International Rugby Board) souhaitait que la Coupe du Monde de rugby 2011 soit celle du jeu. Pour cela, une nouvelle interprétation des règles a été imposée aux arbitres et aux acteurs de la compétition. Ces mesures visent à contrecarrer les systèmes défensifs qui avaient fait merveille au précédent mondial, ternissant ainsi le spectacle sur le sol français. Avantager ainsi l’attaque pouvait cependant faire craindre une hécatombe de scores fleuves pour les « petites nations ». Et bien la preuve est que le rugby nous réserve encore un bon lot de surprises.
Le Japon et le Canada qui donnent du fil à retordre aux Français. Les Géorgiens qui inquiètent les Écossais et maltraitent la mêlée anglaise. Les Roumains tout proches de vaincre le XV du Chardon ou encore les Samoans qui auraient très bien pu vaincre les Gallois. Sans parler de la résistance incroyable des USA sur l’Irlande, futur vainqueur de l’Australie. D’habitude si prévisibles, les rencontres des phases de poule ont donné lieu à de véritables batailles. De quoi donner un intérêt décuplé à ce début de Coupe du Monde. Les spectateurs ne s’en plaindront pas, et l’IRB peut s’en féliciter par avance. La fédération internationale n’est effectivement pas étrangère à ce genre de phénomène.
L’IRB gagne beaucoup d’argent lors des Coupes du Monde. Les pays organisateurs râlent d’ailleurs beaucoup sur la part des revenus qui revient à la fédération internationale. Mais l’organisation, gérée par le Français Bernard Lapasset, utilise prioritairement cet argent pour les fédérations en voie de développement. Son but est de combler le trou devenu géant au début des années 2000, entre les petites et les grandes nations du rugby. Une équipe comme la Géorgie, pays pauvre qui compte uniquement 1000 licenciés seniors, peut ainsi s’offrir quelques techniciens d’exception dans le staff : Richie Dixon (ancien entraîneur de l’Ecosse) ou encore John Muggleton (ancien entraîneur de la défense des Wallabies). Il en est de même pour les Japonais (John Kirwan) ou encore le Canada (aidé par Kieran Crowley).
Le chemin est encore long pour certaines nations comme la Namibie ou la Russie, mais on sent que potentiel est bien présent. L’amateurisme laissera place au professionnalisme pour ces joueurs qui font preuve d’une grande vaillance. Pour combler le fossé, il faut ouvrir davantage les compétitions internationales comme on a pu le faire avec l’Italie dans le Tournoi des 6 Nations, ou encore l’Argentine qui va intégrer le Tri-Nations. De nombreux défis sont encore à relever pour développer un rugby universel !
Maxime Rouquié, Le Rugbynistère