Le prochain roman de Yasmina Khadra: « Ce que le jour doit à la nuit »

technorati.gifPour les mordues de lectures et les fanas de l’auteur algérien Yasmina Khadra, voici un extrait d’un des chapitres de son prochain livre, dont la sortie est prévue pour Septembre 2008 chez Julliard et qui s’intitule ” Ce que le jour doit à la nuit

L’histoire se passe en Algérie coloniale (1936-1962) avec un saut d’après-guerre (2008). Quatre garçons ( un Arabe, un Juif et deux Français – dont un Corse –) évoluent tranquillement à Rio Salado, un village cossu à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest d’Oran. Les chamboulements du monde (Guerre 39-45, nationalisme arabe) effleurent à peine leur camaraderie jusqu’au jour où une fille arrive au village. L’amitié résistera-t-elle à l’amour ?… à la guerre de l’indépendance ?

Extrait : chapitre 8

J’ai beaucoup aimé Rio Salado – Fluman Sulsum, pour les Romains ; El Mellah, de nos jours. D’ailleurs, je n’ai pas cessé de l’aimer, incapable de m’imaginer en train de vieillir sous un ciel qui ne soit pas le sien ou de mourir loin de ses fantômes. C’était un superbe village colonial aux rues verdoyantes et aux maisons cossues. La place, où s’organisaient les bals et défilaient les troupes musicales les plus prestigieuses, déroulait son tapis dallé à deux doigts du parvis de la mairie, encadrée de palmiers arrogants que reliaient les uns aux autres des guirlandes serties de lampions. Se produiront sur cette place Aimé Barelli, Xavier Cugat avec son fameux chihuahua caché dans la poche, Jacques Hélian, Perez Prado, des noms et des orchestres de légende qu’Oran, avec son chiqué et son statut de capitale de l’Ouest, ne pouvait s’offrir. Rio Salado adorait taper dans l’œil, prendre sa revanche sur les pronostics qui l’avaient donné perdant sur toute la ligne. Les manoirs, qu’il arborait avec une insolence zélée le long de l’avenue principale, étaient sa façon de signifier aux voyageurs qui transitaient par là que l’ostentation est une vertu quand elle consiste à damer le pion aux sentences arbitraires, à recenser les chemins de croix qu’il avait fallu braver pour décrocher la lune. Jadis, c’était un territoire sinistré, livré aux lézards et aux cailloux, où de rares bergers s’aventuraient une fois par hasard et n’y remettaient plus les pieds ; un territoire de broussailles et de rivières mortes, où les hyènes et les sangliers régnaient en maîtres absolus – bref, une terre reniée par les hommes et les anges que les pèlerins traversaient en coup de vent comme s’il s’agissait de cimetières maudits… Puis, des laissés-pour-compte et des trimardeurs en fin de parcours, en majorité des Espagnols, avaient jeté leur dévolu sur cette contrée teigneuse qui ressemblait à leur misère. Ils retroussèrent leurs manches et entreprirent de dompter les plaines fauves, n’arrachant un lentisque que pour le remplacer par un cep, ne sarclant un terrain vague que pour y tracer les contours d’une ferme. Et Rio Salado naquit de ces gageures faramineuses comme éclosent les pousses sur les charniers.
Assis en tailleur au milieu de ses vignes et caves viticoles – il en comptait une centaine – Rio se laissait déguster à la manière de ses crus, guettant, entre deux vendanges, l’ivresse des lendemains qui chantent. Malgré un mois de janvier plutôt frileux, avec son ciel battu en neige, il émanait de ses recoins une perpétuelle senteur estivale. Les gens vaquaient à leurs occupations, la foulée gaillarde, quand les échoppes ne les rassemblaient pas, au coucher du soleil, autour d’un verre ou d’un fait divers ; on pouvait les entendre s’esclaffer ou s’indigner à des lieues à la ronde.
– Tu vas te plaire dans ce village, me promit mon oncle en nous accueillant, Germaine et moi, sur le seuil de notre nouvelle demeure…
Lire la suite du chapitre…

Bibliographie de l’auteur

*Les Sirènes de Bagdad. 2006 – Julliard
*L’attentat. 2005 – Julliard
*La part du mort. 2004 – Julliard
*Cousine K. 2003 – Julliard
*Les hirondelles de Kaboul. 2002 – Julliard (Pocket 2004)
*L’imposture des mots. 2002 – Julliard (Pocket 2004)
*L’écrivain. 2001 – Julliard (Pocket 2003)
*A quoi rêvent les loups. 1999 – Julliard (Pocket 2000)
*Les agneaux du Seigneur. 1998 – Julliard (Pocket 1999)
*Double Blanc.1998 – Baleine Paris
*L’automne des chimères. 1998 – Baleine Paris
*Morituri. 1997 – Baleine Paris
*La Foire des Enfoirés. 1993 – Laphomic Alger
*Le dingue au bistouri. 1990 – Laphomic Alger (Flammarion 1999 J’ai lu 2001)
*Le privilège du phénix. 1989 – ENAL Alger
*De l’autre côté de la ville. 1988 – L’Harmattan Paris
* El Kahira. 1986 – ENAL Alger
*La fille du pont. 1985 – ENAL Alger
*Houria. 1984 – Editions ENAL Alger
*Amen. 1984 – à compte d’auteur Paris

Pour plus d’information sur Yasmina Khadra: www.yasmina-khadra.com

10 réponses

  1. Salut Beau gosse! Sympa de trouver Khadra ici, comme tu dis moi je suis une mordue, une vraie drogue.

    Bonne journée.

  2. J’ai connu YAsmina par hasard.C’est un bau ecrivain dont l’oeuvre releve d’une expérience et un style a part.c’est quelq’un de magicien du verbe et des fait.il sait maipuler les chapiters et distibuer les actions entreles personnages.
    un nouveau roman ne serait qu’un autre chef d’oeuvre dans la littérature maghrébine d’expression francaise.

    dans la méme position qu’occupait M.mouleshoul j’attends impatiement la sortie de ce roman pour occuper mon temps dans les tranchés.
    Big up a tous les funs de Y.khadra

  3. Un peu déçue par les précédents livres de Yasmina Khadra, je vais attaquer celui-là, en espérant que je ne vais pas y trouver les mêmes expressions, cela dit, j’aime les livres faciles à lire…
    En littérature, je conseille vivement Boualem Sansal, Leila Marouane et Assia Djebar.
    Question : est-il vrai que Yasmina Khadra est vraiment un homme et qu’il dirige le centre culturel algérien (Paris) ? Est-il vrai aussi qu’il est vit en exil et qu’il se protège de l’armée algérienne ? Merci d’éclairer ma lanterne.
    A bientôt et merci pour le blog

  4. Salut fatima, pour répondre a tes questions, oui Yasmina khadra est un homme il s’appelle Mohammed Moulessehoul, il est le directeur du centre culturel algérien à Paris et non il n’est pas en exil ni en fuite a cause de l’armée algérienne, il y a même pas une semaine il fessait la promotion de son livre à Alger et Oran, c’est un ancien militaire algérien et un écrivain de génie qui écrit depuis des années il ne faut pas écouté les bobards ma chère fatima des uns et des autres.
    Voila j’espére avoir répondu à tes questions, bonne journée et bonne lecture;)

  5. merci Adel, pour ces infos, donc Yasmina Khadra est parti en France pour occuper ce poste à Paris ? comme quoi il ne faut pas croire ce qui s’écrit, ni ce qui se dit. J’ignorais qu’il était à Alger, j’aurais aimé le rencontrer, tant pis, ça sera pour son prochain voyage. Moi, je suis fan de Leila Marouane, qui vit aussi à Paris, hélas, elle ne vient jamais en Algérie, elle était journaliste ici, à Alger, elle a eu des soucis…
    bonne journée

  6. moi je suis yasmina misulter pas d’acore

  7. yasmina khadra est un excellent ecrivain j adore ce qu il ecrit ;j ai lu tous ses livres et j ai beaucoup aimé :( ce que le jour doit à la nuit ).

  8. salut tout le monde !!!!

    j’ai découvert Yasmina Khadra par hasard, au détour des étagères, remplis de différents livres…et en cherchant bien je tombe sur “l’imposture des mots”…je l’ai fini jeudi soir, je l’ai lu en très peu de temps!!!!
    je peux vous dire que je suis partie pour lire tout le reste :)

  9. moi je m’appelle sofiane ouahrani j’adore les oeuvres de talentueu écrivain yasmina khadra et je résete pérsuader que la littérature est une grande charité humaine

  10. J’ai découvert l’auteur Yasmina Khadra grâce à Ce que le jour doit à la nuit, et j’ai apprécié son histoire et son style d’écriture. Quel autre livre me conseillez vous pour apprécier davantage son talent ?

Laisser un commentaire